RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Мф 1:24-25

Qu'est-ce que la vie familiale? Quelle est la mesure de la participation de chacun des époux? Les personnes répondent à cette question de manières différentes, et l'on ne peut guère trouver deux familles absolument identiques. On a écrit tant de littérature psychologique et religieuse sur les relations familiales qu'aujourd'hui on pourrait déjà s'y noyer. Pourtant, il ne semble pas que les problèmes familiaux en soient devenus moins nombreux.

Peut-être parce que, dans ces livres, et souvent même dans des livres religieux, on parle du mariage comme de l'union de deux personnes. Or en réalité, il n'est jamais l'union de deux. Il est toujours l'union de trois. Une union où le troisième participant est Dieu, que les époux pensent à lui ou non. Et même qu'ils sachent ou non qu'il y participe. En ce sens, la vie familiale rappelle la vie de l'homme en général: nous devenons des êtres humains grâce au souffle de vie que Dieu insuffle en nous à la conception, mais nous pouvons très bien vivre toute une vie sans nous souvenir une seule fois de Dieu. Dieu ne s'impose pas. Il ne nous rappellera pas son existence si nous-mêmes ne voulons pas nous souvenir de lui.

Et si nous nous souvenons de lui, il nous faudra aussi réfléchir à la place que nous sommes prêts à lui donner dans notre vie. Cela concerne pleinement la vie familiale et conjugale, comme la vie en général. Plus il y a dans notre vie de volonté propre, moins il y a de place pour Dieu avec ses plans et ses desseins. Et moins, par conséquent, il peut agir sur notre vie. Dans notre vie, Dieu ne peut faire quelque chose qu'avec notre consentement. Il y a aussi des choses que lui seul peut y faire. Dans ce cas, il ne nous reste qu'à nous retirer, en lui cédant le champ d'action. Cela concerne pleinement la naissance du Messie. Il devait naître libre du pouvoir du péché qui est entré dans le monde avec la chute.

La nature humaine, si elle avait été dirigée si peu que ce soit par la volonté humaine, n'aurait pu ici que gâcher l'affaire. Il fallait la remettre entièrement au pouvoir de la volonté de Dieu. Lui seul pouvait résoudre cette tâche immense. Il n'était demandé à Marie qu'un seul «oui», après lequel son corps ne fut plus en son pouvoir: il devint le lieu de l'action de ce souffle de Dieu auquel tout est soumis, même le péché originel.

Et de Joseph, le père adoptif du Messie, il n'était demandé qu'une seule chose: être là et ne pas entraver cette action. Il en va ainsi de toute conception: Dieu y participe toujours, révélant sa présence et son action dans la mesure où les futurs parents le lui permettent. Il dépend des parents de savoir dans quelle mesure leur enfant appartiendra à Dieu. Le Messie devait appartenir absolument à Dieu. Et la possibilité de sa naissance dans le monde s'est trouvée liée non seulement au «oui» que Marie a dit à Dieu, mais aussi au «oui» que Joseph a dit à l'ange de Dieu. Joseph, qui grâce à ce «oui» est devenu le père adoptif du Messie.