RÉFLEXIONS pour Mc 5:1-20 — le 11 janvier 2022

RÉFLEXIONS pour Mc 5:1-20

La lecture d'aujourd'hui nous raconte la guérison par Jésus d'un homme dont le nom n'est pas mentionné dans l'Évangile, et dont le récit dit qu'il était possédé par le diable (v. 2). Tout cela se passa sur la rive orientale du lac de Génésareth, en face de la rive galiléenne, au sud de la région appelée dans l'Évangile la « Décapole » (v.20; son autre nom est Décapolis). À l'époque évangélique, elle était peuplée principalement de Syriens et de Grecs, qui y avaient construit les villes ; mais, bien sûr, il y avait aussi des communautés juives dans ces villes. Le comportement du possédé ressemblait extérieurement beaucoup à celui d'un malade mental : il avait manifestement souvent de graves crises (v.3-5), qui l'empêchaient de vivre parmi les hommes. Il souffrait peut-être en plus de manie de persécution, ce qui le faisait se cacher dans les tombeaux (dans le récit évangélique, ils sont appelés « sépulcres »), où, comme on le voit, il passait la plus grande partie de son temps (v.3). Dans de tels tombeaux, en Orient, on enterre encore aujourd'hui les morts. Ce sont des grottes, naturelles ou artificielles, taillées dans le rocher, où l'on dépose le défunt après avoir enduit son corps d'une huile spéciale et l'avoir enveloppé dans un tissu particulier. Dans l'antiquité, ces lieux étaient considérés comme impurs, et l'homme qui devait y entrer devait ensuite accomplir des rites particuliers de purification ; autrement, il ne pouvait pas participer à la vie ordinaire. Quant à ceux qui, par leur métier ou pour d'autres raisons, devaient se trouver constamment près des tombeaux, ils étaient des exclus dans la société. Aucun homme sain d'esprit, bien sûr, ne se serait condamné à une telle vie sans extrême nécessité. Il faut dire que, dans l'antiquité, les gens ne distinguaient pas toujours la maladie psychique d'un état spirituel tel que la possession. D'autre part, la possession se manifeste assez souvent extérieurement précisément comme une maladie psychique. Quoi qu'il en soit, il est évident que Jésus délivre l'homme dont parle la lecture d'aujourd'hui d'un grand malheur dont personne d'autre ne pouvait le délivrer. Sa libération de la possession fut pour tous une surprise complète, et le récit de cette libération, tout comme celui de Celui qui avait libéré le possédé, se répandit naturellement vite dans les environs, si bien que le nom de Jésus devint connu non seulement en Galilée, mais aussi dans les villes de la Décapole.