RÉFLEXIONS pour Jg 19:1-30
La dégradation morale du peuple se poursuit, et voici que l’une des tribus d’Israël, qui avait conclu avec le Seigneur une Alliance de fidélité, a non seulement répété mais dépassé les péchés des païens de Sodome. Cependant, les commandements n’avaient pas été oubliés à Guibéa seulement. Le statut incertain de la femme qui a souffert, appelée tantôt épouse, tantôt concubine, témoigne d’un relâchement des mœurs jusque chez les lévites, appelés à garder la Loi de Moïse.
Le démembrement du corps de cette femme torturée et l’envoi de ses membres à toutes les tribus d’Israël nous paraissent naturellement monstrueux. Mais cet acte révèle davantage que le tempérament violent d’un lévite particulier, et même davantage que les mœurs d’époques et de pays éloignés de nous. À travers lui, nous pouvons ressentir l’horreur qui a bouleversé tous les repères habituels des Israélites qui n’avaient pas oublié les commandements : jusqu’à quel degré d’abjection pouvons-nous tomber, et comment continuer désormais à vivre face à un mal aussi criant ?
Lorsque le mal devient habituel, le choc qui nous contraint à regarder sa hideur en face peut devenir nécessaire.
