RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Col 2:8-23

Paul écrit que le christianisme suppose une vie spirituelle, et non une vie religieuse. Les Églises de Colosses connaissaient les mêmes problèmes que ceux qui apparaissaient alors dans d'autres communautés ecclésiales: un glissement, dans une certaine mesure bien sûr, vers la religion, une tendance à remplacer la vie spirituelle par la vie religieuse, avec toutes les conséquences qui en découlent: le développement du légalisme, l'exigence d'observer obligatoirement les prescriptions religieuses juives, et d'autres choses semblables.

Paul, lui, comprend parfaitement que l'essence du christianisme est ailleurs: dans le Christ, l'homme est transformé, sa nature même, y compris sa nature corporelle, change; l'homme participe à la vie du Royaume, et le «corps de chair» se transforme à mesure qu'il participe à cette vie. C'est cette transformation que l'apôtre appelle, au sens spirituel, la circoncision. En effet, la circoncision symbolisait dès l'origine tel ou tel type d'initiation, le passage de l'homme à une qualité nouvelle ou à un état nouveau.

Les initiations pouvaient être liées à l'âge ou à la religion; dans le yahvisme, la circoncision en vint à symboliser l'entrée dans la communauté du peuple de Dieu et la participation à la plénitude spirituelle qu'elle porte. Mais il n'y a pas de changement plus grand que celui que vit l'homme lorsqu'il devient chrétien et participe à la vie du Royaume: à celui qui y participe s'ouvre une plénitude que l'on ne trouve nulle part ailleurs.

Dans cette perspective, il devient possible non seulement que la vie de l'homme et son état intérieur changent, mais aussi qu'il reçoive une qualité nouvelle de sa propre nature, une transformation qui le rendra pleinement et pour toujours autre. Bien sûr, l'achèvement de ce processus n'aura pas lieu avant le jour du retour du Sauveur et du triomphe complet du Royaume, mais il commence lorsque l'homme se tourne vers le Christ et participe pour la première fois à la vie du Royaume.

Pourtant, par peur du péché et de ses conséquences, beaucoup cherchaient à retourner en arrière, vers la religion, afin de s'y abriter du danger qui les menaçait. En effet, la religion repose réellement, dans une large mesure, sur la peur, non pas sur la peur de phénomènes naturels inconnus, comme on le pensait autrefois, mais sur cette peur existentielle et métaphysique que l'homme éprouve lorsqu'il sent sa propre nature blessée par le péché.

C'est de cette peur que parle l'apôtre lorsqu'il dit qu'avec le Christ nous n'avons rien à craindre: car il prend sur lui les conséquences des péchés que nous avons commis, en promettant de nous aider à nous en défaire et, finalement, à nous en libérer. Il a lui-même déchiré sur la croix tous nos actes de dette, notre «écrit d'accusation», nous donnant la possibilité de commencer une vie sur une page blanche. Aucune religion n'aurait pu faire pour nous rien de semblable, comme Paul le rappelle aux destinataires de son épître.