RÉFLEXIONS pour Rm 14:13 — le 6 novembre 2021

RÉFLEXIONS pour Rm 14:13

Paul attire l'attention sur ce qui peut détruire la paix au sein de la communauté ecclésiale. Que faire si, à la même table, pendant le repas de la fraction du pain, prennent place des Juifs observants pour qui toutes les prescriptions religieuses du judaïsme comptent, et des païens qui n'ont aucun souci de ces prescriptions?

Peut-on mettre sur la table une nourriture non cachère simplement parce que, pour les chrétiens, les questions de cacherout ne sont plus actuelles? D'un côté, on le peut, et l'on ne peut accuser d'apostasie celui qui renonce à la nourriture cachère. Mais, d'un autre côté, il y a aussi les relations entre les membres de la communauté. Des relations d'amour mutuel. L'apôtre comprend parfaitement que l'homme s'accroche à la religion non par force, mais par faiblesse.

Par faiblesse spirituelle, qui, ne permettant pas à l'homme de vivre pleinement la relation avec Dieu et avec le Christ, le pousse à chercher un appui dans ce qui n'a pas de rapport direct avec le Royaume ni avec la vie spirituelle.

La religion, ce sont des béquilles. Mais peut-on enlever ses béquilles à celui qui ne peut pas s'en passer, simplement parce que d'autres, sains et forts, s'en passent très bien? Évidemment non. Et afficher sa force et sa santé devant ceux qui en sont privés n'est pas très fraternel. Bien sûr, il ne s'agit pas pour les bien-portants de se faire passer pour malades ni de se comporter comme des malades.

Mais s'il se trouve que l'on doit partager la route avec ceux qui ne peuvent pas se passer de béquilles, ce sont justement les bien-portants qui doivent régler leur marche sur celle des malades, et non l'inverse. Bien sûr, celui qui sent sa force a toujours envie de la laisser agir et de se manifester pleinement. Mais alors il faudra oublier les faibles, ceux qui ne peuvent pas suivre le rythme des forts. Et avec eux, il faudra aussi oublier l'amour, sans lequel aucune force ne vaut rien.