RÉFLEXIONS pour Is 60:20
Décrivant Jérusalem telle qu'elle s'ouvre à lui dans la vision, Isaïe en parle de telle sorte qu'il n'est pas toujours facile de comprendre de quelle ville et de quelle réalité il s'agit. Un soleil qui ne se couche pas, une lune qui ne disparaît pas, la lumière de Dieu éclairant une ville pourtant terrestre, qu'est-ce donc? Le ciel ou la terre? Le plus simple serait sans doute de répondre: le ciel. Mais une telle réponse serait-elle juste? La division même du monde en « céleste » et « terrestre » correspond-elle au dessein de Dieu?
Souvenons-nous du premier jour de la création: il n'y a encore aucune division entre « terrestre » et « céleste ». Elle apparaîtra plus tard, au deuxième jour. Au premier jour, il n'y a qu'une seule séparation: entre la lumière et les ténèbres. Et il y a le monde pénétré de la lumière de Dieu, de la lumière de sa présence. Oui, bien sûr, plus tard cette unité, cette intégrité de la création a été brisée. Et cela s'est produit avant même la chute de l'homme, dès le deuxième jour de la création.
Dieu n'a jamais considéré cet état de choses comme une norme. La restauration de l'intégrité de la création faisait partie du plan de Dieu dès le moment de sa division. Et l'homme devait jouer son rôle dans l'accomplissement de cette tâche. Bien sûr, la chute a beaucoup changé. Après la chute, ce qui est devenu actuel pour l'homme n'était pas tant la restauration de l'intégrité de la création que le dépassement des conséquences de la catastrophe qui avait déformé et perverti sa propre vie. Mais en envoyant dans le monde le Messie, Dieu a en vue les deux tâches.
Le Messie doit apporter au monde le Royaume de Dieu et, en même temps, ouvrir à l'homme la possibilité, en participant à la vie de ce Royaume, de restaurer l'intégrité et la plénitude de sa propre vie. Or le Royaume comprend non seulement le « ciel », mais aussi la « terre ». Il ne suppose pas une division de la création en deux. Le monde doit redevenir entier, comme au premier jour de la création. Entier et transfiguré. C'est ainsi qu'Isaïe voit Jérusalem. Elle s'ouvre à lui comme une part de ce Royaume dont témoignait le prophète. Le Royaume où le ciel nouveau rencontre la terre nouvelle.
