RÉFLEXIONS pour Mc 1:35-45
Comme on le voit, Jésus ne voulait pas toujours que la renommée des guérisons qu’Il accomplissait se répande dans toute la Palestine. Parfois Il guérit de telle manière que la guérison devient un témoignage, un témoignage pour tous ceux qui l’ont vue ; mais il arrive aussi que Jésus accomplisse une guérison comme discrètement, autant que cela est possible.
Bien plus : Il insiste sur l’observation stricte des prescriptions de la Torah. La Torah exige que celui qui a été guéri de la lèpre aille vers les prêtres, afin qu’ils attestent que la maladie est réellement passée. On dirait une précaution manifestement superflue : Jésus sait parfaitement qui Il a guéri, et Il sait aussi que la maladie a vraiment disparu. Le guéri le sait également ; lui n’a certainement pas besoin d’autres témoignages, il fait pleinement confiance à Jésus.
Il Lui fait tellement confiance qu’il est prêt à aller parler de Lui à tous, de Celui qui l’a guéri. Jésus, au contraire, l’arrête et oriente son ardeur de prédicateur vers des cadres religieux plus traditionnels et plus mesurés. Pourquoi ? Dans quel but ? La réponse la plus simple serait celle que l’on donne d’ordinaire : Jésus ne veut pas qu’on Le considère comme le Messie ; Il ne veut généralement pas pour Lui cette célébrité que les miracles et les guérisons Lui apportaient inévitablement. Au fond, pendant Son ministère terrestre, Jésus n’a jamais voulu être une figure publique ; et s’Il faisait malgré tout quelque chose qui Le rendait tel, c’était seulement là et quand il était impossible de faire autrement.
La prédication devait être publique, mais il fallait éviter autant que possible toutes les associations qui pouvaient naître dans la conscience religieuse de masse. Non seulement parce qu’elles étaient fausses, mais aussi parce qu’elles n’étaient d’aucun profit spirituel pour les gens eux-mêmes. Comme pour l’homme guéri, prêt à courir témoigner : au fond, il n’avait pas encore eu le temps de connaître Jésus, il n’avait pas encore compris ce que cet Homme avait apporté au monde. Pour l’instant, il n’a rien d’autre à attester qu’une seule guérison.
De quoi un tel homme peut-il parler ? D’un nouveau thaumaturge, célèbre parce qu’il guérit de toutes les maladies d’un seul geste de la main ? C’est vrai, mais un tel témoignage peut difficilement être considéré comme adéquat à la mission confiée à Jésus par Son Père. Mieux qu’un tel témoignage vaut encore une retenue ordinaire dans les cadres traditionnels. Au moins, elle laisse du temps pour prendre conscience et réfléchir à ce qui s’est passé, ce qu’on ne peut nullement dire d’une prédication impétueuse, émotionnelle, mais superficielle.
