RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Qo 8:17

En parlant des oeuvres qui « se font sous le soleil », l'Ecclésiaste les appelle « incompréhensibles ». Que veut-il dire? La science ne vaut-elle donc rien? Bien sûr, à son époque, la science savait beaucoup moins qu'aujourd'hui, mais la science est toujours restée la science; dans ses traits essentiels, la connaissance scientifique était alors la même qu'aujourd'hui.

Il ne s'agit pas ici de la science comme telle, mais de ce qu'on appelait sagesse au temps de l'Ecclésiaste. Or on appelait alors sagesse non pas la connaissance scientifique en elle-même, ni même la connaissance comme telle. On disait sage non pas le connaisseur intellectuel, mais l'homme qui comprend qui il est, d'où il vient et pourquoi il est venu au monde, où il va. La sagesse consistait à répondre non pas à la question « comment », mais à la question « pourquoi ».

C'était cette même vieille question, toujours actuelle jusqu'à aujourd'hui, du sens de la vie. Et l'Ecclésiaste a visiblement compris que la connaissance comme telle n'y répond pas. La science peut étudier beaucoup de choses; la raison humaine n'est pas du tout aussi faible que certains croyants le disent parfois, mais l'essentiel ne se comprend pas par la raison seule.

En effet, la question du sens, la question « pourquoi » et « pour quoi » n'est pas scientifique; la raison seule ne suffit pas ici. En fin de compte, la réponse à cette question n'est connue que de Dieu. Dans la nature créée par Dieu, que la science étudie, il n'y a pas de réponse: ni les pierres, ni les arbres, ni les animaux ne la connaissent; ils ne se posent même pas cette question. Dieu Lui-même répond pour les pierres, les arbres et les animaux à la question du sens de leur existence, mais ni les pierres, ni les arbres, ni les animaux ne sont capables de comprendre ni même d'entendre ses réponses.

À l'homme, il est donné davantage: il peut et doit comprendre pourquoi et pour quoi il vit dans le monde, tout comme il doit comprendre à quelle fin lui est donné ce monde où Dieu l'a placé. Mais pour répondre, il faut s'adresser non au monde, mais à Dieu. Ici passent au premier plan non pas l'intellect ni la raison, mais la foi, la foi comme confiance en Dieu d'abord, comme capacité de Lui poser une question et d'entendre la réponse.

De Dieu on peut apprendre le sens de tout ce qui existe, pourvu qu'Il juge nécessaire de le dire. Alors, ayant reçu la réponse aux questions principales, l'homme devient vraiment sage: sa vie reçoit un but et un sens pour lesquels seuls il vaut la peine de vivre.