RÉFLEXIONS pour Dt 11:18 — le 22 juillet 2021

RÉFLEXIONS pour Dt 11:18

Que veut dire le saint écrivain, en appelant «à attacher à la main» et «attacher au front» les mots de la Torah? À première vue, on peut percevoir cet appel seulement allégoriquement, l'ayant compris, comme un appel à toujours avoir la Torah devant les yeux et d’être guidé par celle-ci chaque minute, en concordant avec elle chaque action. Mais, en prenant en considération les réalités historiques de l'époque de l'écrit du livre, on peut supposer que même la compréhension littérale du texte dans le cas présent a son sens. Les amulettes dans l'ancienneté païenne étaient répandues très largement, on les portait assez souvent à la main et sur le front, les utilisant comme protecteur. Et l'auteur du livre, comme on voit, appelle à remplacer les amulettes sacrées avec des petites plaques ou des médaillons avec le texte de la Torah.

À première vue un tel remplacement semble une simple formalité: car il ne rendra pas automatiquement croyant celui qui porte ce genre de signes, l'auteur rappelle pas par hasard que la Torah doit être avant tout dans le coeur de l’homme, définissant toute sa vie intérieure («l’âme»). Mais à part la vie intérieure, il y a encore aussi et la vie extérieure, qui à cette époque était criblé de paganisme, non seulement au niveau d'État et de la société, mais aussi au niveau de la vie quotidienne. Le paganisme formait ce tissu de la vie, qui définissait sa qualité journalière, et c’est notamment ce tissu qui était tout à fait nécessaire pour nettoyer du paganisme. Certes, remplacer certains symboles par d’autres était loin d’être suffisant. Mais il était aussi impossible de se passer d'un tel remplacement.

En fait, la vie quotidienne de l’homme déchu est composée dans plusieurs cas des habitudes semi-délibérées, de cet automatisme, qui oblige assez souvent l’homme à agir avant qu'il n’ait le temps de penser à ce qu’il fait, et même avant qu'il ait le temps de comprendre qu'il faudrait s'arrêter et réfléchir. Et l'entourage familier reconstitue de tels modèles comportementaux, fermant un cercle, à partir duquel s’échapper est loin d’être facile.

Et alors naît au saint écrivain une idée très claire et naturelle dans une telle situation : et quoi, si à l'intérieur de cet entourage familier, là, où l'oeil s'est habitué à voir des symboles familiers païens, on mettait à leur place quelque chose qui rappellera non pas au paganisme, mais à la Torah, non pas aux dieux, mais Dieu? Bien sûr, un tel remplacement en elle-même ne garantit encore rien. Mais il accorde au moins à chacun, vivant dans le cercle familier, une chance supplémentaire de sortir de là. Et donc, et la chance de s'engager sur le chemin de la justice, conduisant en fin des comptes celui qui va sur ce chemin au Royaume.