RÉFLEXIONS pour Dt 10:19
Les lecteurs de l'Ancien Testament raisonnent assez souvent sur le peuple élu de Dieu comme de quelque chose qui le distingue des autres peuples, lui donnant certains droits spéciaux et développant en lui le sentiment d’exclusivité religieux et spirituel, et peut-être, même national. Bien sûr, de tels sentiments et de telles idées étaient propres à certains des Juifs autrefois et sont propres aujourd'hui. Mais dans tous les cas, la Torah en aucune manière ne cultive rien de semblable dans le peuple de Dieu et n'enseigne rien de semblable.
L’élu de Dieu est compris dans la Torah, avant tout, comme une responsabilité spéciale du peuple juif pour la révélation reçue et pour la Torah qui lui est confiée. On peut trouver pas mal sur ce compte des indications dans la Torah, et l’une d’elles peut être considérée l'exigence d’une relation égale entre les Juifs et ceux qui se sont trouvés sur la terre donnée par Dieu à Son peuple à titre d’étrangers.
Il faut remarquer que l’antiquité païenne est plutôt en général propre à une relation méprisante envers les étrangers en général. Bien sûr, il existait ici des pratiques internationales élaborées pendant des millénaires, et encore avant des relations intertribales une étiquette liée au statut d'étranger, qui parfois, dans les cas particuliers, pouvait donner un respect considérable. Et s'il se trouvait, seulement en vertu du statut spécial d'un tel étranger conditionné par les relations intergouvernementales ou intertribales. «L’habituel» étranger n’avait pas en général du respect.
Mais la Torah demande non simplement le respect, mais notamment l'amour envers l’étranger en général, le même qu’on manifeste à ses compatriotes. Et cela est clair : car la terre donnée par Dieu à Son peuple, lui était donnée non pas à une possession sans condition, mais plutôt à l'usage, avec pour condition l'observation de l'union-testament détenue autrefois et l'accomplissement des commandements de Dieu. Et si c’est le cas, alors agi dans les relations de la terre le principe pas tant du droit, mais de la responsabilité: le peuple de Dieu est responsable du fait que tous les habitants vivant sur la terre qui lui a été donnée par Dieu, vivent conformément aux normes de la Torah.
Mais cette responsabilité ne suppose pas en elle-même un droit exclusif du peuple pour la terre : ce n’est pas par hasard sur la terre juive et dans l'État juif (quand il existait sur la carte politique) à toutes les époques d'autres peuples vivaient aussi à côté des Juifs. Et c’était notamment du choix spirituel du peuple de Dieu que dépendait, quel était l'entourage et comment on résolvait les problèmes des relations avec ceux que les Juifs percevaient, comme les étrangers. Car la terre n’était pas donnée à un peuple concret, mais à un peuple-communauté. Respectant les commandements et gardant la Torah.
