RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Dt 10:12

Les commentateurs, raisonnant sur la peur de Dieu et sur l'amour pour Dieu, les opposent assez souvent l'un à l'autre. Mais voici la Torah, comme on voit, les joint de sorte que l’un est impossible sans l’autre. Il est vrai que la peur, dont on parle dans le Livre du Deutéronome, n'a rien de commun avec la peur de la punition, qu'éprouve parfois l'enfant devant les parents sévères ou l'adulte devant l'État, des lois dont il a violé. Autrement il aurait été difficile d'expliquer, comment une telle peur pourrait obliger le craignant d'aller sur la voie de Dieu: car il ne s’agit pas d'une observation formelle de certaines normes et règles, mais d’aimer Dieu de tout son coeur et de tout son être («âme»).

Ici plutôt on peut parler de la peur de Dieu, comme d’une crainte sacrée, qui provoque toujours chez l’homme spirituellement sensible la présence de Dieu, la crainte de l’être final créé devant le Créateur infini. Et cette crainte n’est pas bien sûr un hasard: car le précipice nous divisant de Dieu, est absolument insurmontable, ni d'après les lois du monde non transformé, ni d'après les lois du Royaume. Il n’y a pas et il ne peut pas avoir dans le monde une telle nature, transformée ou non transformée, qui permettrait de surmonter ce précipice. Elle est surmontable seulement pour l'amour de Dieu. C’est notamment l'amour de Dieu qui devient la cause première et la base spirituelle de toutes les révélations, de toutes les Epiphanies et même l’incarnation de Dieu.

Mais l’homme peut se joindre à cet amour, y entrer seulement dans le cas où il est prêt à se convertir à Dieu de «tout son coeur» et «de tout son âme». En fait, c’est notamment le coeur, qui dans le langage biblique désigne le centre spirituel de la personnalité humaine, ce «moi» spirituel, sans lequel l’homme comme l'image de Dieu, n’existe pas, définit qui et comment sera l’homme devant Dieu et devant les gens. Le choix est fait dans le cœur, on prend les décisions par cœur. Et des choix faits et des décisions prises, dépend ce qui s'appelle la vie spirituelle: les relations avec Dieu, avec Christ, avec le prochain.

Mais tout ne se limite bien sûr pas seulement avec le coeur, avec le «moi» spirituel: le choix fait et les décisions prises en rapport avec cela (par exemple, le choix de suivre la Torah et d’observer les commandements donnés par Dieu) entraînera inévitablement la reconstruction de tout le monde intérieur de la personne, le système de ses valeurs et priorités, et puis la façon de penser, et les modèles comportementaux définissant toute la vie. Au propre, autrement on ne réussira pas à suivre la voie de Dieu: car il s'agit de l'amour, et il est impossible d'aimer partiellement. On ne peut que entièrement. De tout coeur et tout âme. Pour que le précipice nous divisant de Dieu devienne surmontable.