RÉFLEXIONS pour Mt 12:15-21
Nous nous souvenons bien des paroles : « Ne pensez pas que Je sois venu apporter la paix sur la terre ; Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive » (Mt 10,34). Elles nous semblent parfois contredire ce que nous lisons dans le passage évangélique d’aujourd’hui : « Il ne contestera ni ne criera, et nul n’entendra Sa voix dans les rues ; Il ne brisera pas le roseau froissé et n’éteindra pas la mèche qui fume, jusqu’à ce qu’Il conduise le jugement à la victoire. » Mais chaque fois que nous rencontrons une contradiction apparente dans la Parole de Dieu, c’est le signe qu’un sens profond s’y trouve, car si le sens est profond, il ne peut être exprimé par une simple sentence univoque. On pourrait même parler non d’un signe, mais d’un signal, d’un signal pour nous. Nous cherchons donc le sens. Que fait un glaive ? Pourquoi le percevons-nous ici précisément comme un instrument de mort ? L’association « glaive—violence » est solidement ancrée dans notre esprit. Un glaive peut couper quelque chose en deux parties, de telle sorte qu’on ne puisse plus les réunir. C’est ainsi que le Seigneur est venu séparer le bien du mal. Mais comment le fera-t-Il ? De la manière décrite dans le passage d’aujourd’hui : personne ne pourra être contraint à cette victoire, non seulement contre sa volonté, mais même par hasard. Même si nous ne sommes pas athées, mais des personnes presque prêtes à accueillir la foi, même s’il semble qu’un instant de plus suffirait pour que notre résistance intérieure à Dieu se brise comme un roseau, même alors nous viendrons nous-mêmes à la foi et Jésus attendra simplement. Car Il n’est pas un feu dévorant, mais une lampe qui sanctifie.
