RÉFLEXIONS pour Lc 4:1-15 — le 16 juillet 2021

RÉFLEXIONS pour Lc 4:1-15

Qu’est-ce que la tentation du Sauveur au désert ? Pourquoi a-t-elle été possible ? La réponse simple et traditionnelle est qu’en demeurant homme malgré Sa divinité, Il pouvait être tenté par le diable comme n’importe quel homme. Mais ce n’est qu’une partie de la réponse. Toute tentation est une épreuve ; en grec, comme en hébreu, les deux notions sont désignées par un même mot. Quel était donc le sens de l’épreuve ? Jésus est le Messie, et l’épreuve était manifestement liée précisément à Son ministère messianique—plus exactement, à la possibilité de déformer ce ministère et de le rendre ainsi dépourvu de sens. De le déformer de la même manière que le diable avait déjà réussi à le faire dans la conscience de nombreux Juifs croyants.

Ceux-ci attendaient un Messie thaumaturge, un Messie qui assurerait à Ses sujets une abondance totale—sur terre, bien entendu, dans notre monde qui est encore loin d’être transfiguré et qui est plongé dans le mal. C’est exactement ce que le diable propose au Sauveur : changer les pierres en pain et manifester des miracles liés à des capacités surhumaines cachées dans la nature humaine. Mais la tentation principale est ailleurs : le diable propose un marché à Jésus. Il tente de convaincre le Sauveur que le monde lui appartient réellement, à lui, le diable, et non à Dieu.

Il prétend que c’est avec lui, le diable, qu’il faut négocier au sujet du Royaume, si du moins Jésus veut que Son Royaume trouve une place quelconque dans le monde. Le diable tente le Sauveur par les mêmes choses dont il se sert pour tenter tout homme qui accomplit l’œuvre de Dieu ; c’est pourquoi le récit de cette tentation est important pour nous. Si Jésus avait été tenté d’une manière particulière, inventée uniquement pour le Messie, le récit de Ses tentations ne nous intéresserait que sur le plan théorique—et, bien sûr, biographique, comme un épisode essentiel du ministère terrestre du Christ.

Mais d’une manière ou d’une autre, sous une forme ou sous une autre, tout cela attend chacun de nous si nous sommes chrétiens et si nous voulons suivre le Christ sur Son chemin. Nous serons tentés de substituer au Royaume et à sa vie soit la possibilité illusoire d’un bien-être terrestre universel, soit le développement de capacités surhumaines. Et si cela ne réussit pas, on nous proposera un marché, un compromis qui nous préservera des problèmes et des désagréments sur le chemin chrétien dans le monde plongé dans le mal. Chacun de nous doit résister à ces tentations pendant tout son parcours terrestre—si, bien sûr, celui-ci est véritablement la continuation du chemin du Christ, le chemin du Royaume qui traverse le monde plongé dans le mal.