RÉFLEXIONS pour Mt 11:16-20
Les paroles de Jésus sur les enfants qui jouent de la flûte décrivent mieux que toutes les autres le principal problème spirituel qui empêchait beaucoup de ceux qui Le voyaient et L’entendaient d’accueillir le Royaume et d’y entrer. Il s’agit de jeux d’enfants où un groupe propose à un autre de deviner une mélodie et de réagir en conséquence. Souvent, le début de la mélodie ne permettait pas de dire avec certitude si elle serait triste ou joyeuse, ni si ceux qui devaient deviner allaient danser ou pleurer. L’essentiel du jeu consistait à deviner correctement les intentions de ceux qui jouaient et à réagir en se mettant au diapason. Manifestement, les gens qui entouraient les serviteurs de Dieu et le Messie Lui-même attendaient d’eux quelque chose de semblable. Ils devaient danser au son de leur flûte, sinon ils ne pouvaient gagner. Ce n’est pas par hasard que Jésus dit que la sagesse est justifiée par ses enfants. Ceux qui écoutaient Jean comme ceux qui écoutaient Jésus Lui-même voulaient que le prophète et le Messie fussent tels qu’ils souhaitaient les voir, qu’ils correspondent aux représentations humaines que l’on se faisait d’eux. Il n’est pas étonnant qu’avec une telle approche, il ne puisse être question d’accueillir le Christ et le Royaume. Le problème n’était même pas que ni Jean ni Jésus Lui-même n’avaient l’intention de danser au son de la flûte de qui que ce soit. C’était avant tout une question de priorités : ceux qui le voulaient préféraient en réalité leurs propres représentations du Messie et du Royaume au Messie et au Royaume eux-mêmes. Ils se fermaient ainsi la route du Royaume et restaient avec leurs conceptions religieuses qui, contrairement au Royaume, ne sauvent pas et ne donnent pas de vie nouvelle.
