RÉFLEXIONS pour Dt 1:1-46 — le 9 juillet 2021

RÉFLEXIONS pour Dt 1:1-46

Le livre du Deutéronome commence par une longue introduction historique. Dans sa première partie, au premier chapitre du livre, il est fait une mention particulière du choix par le peuple de juges que Moïse bénit pour la tâche que leurs compagnons de tribu leur confient. On voit ici le lien entre la volonté de Dieu, Son dessein et sa réalisation, d’une part, et la liberté humaine, avec la responsabilité qu’elle implique, d’autre part. En effet, que signifiait pour le peuple le fait de choisir des juges appelés à résoudre les différends ? Avant tout, la responsabilité devant Dieu du choix effectué. Il s’agit en effet d’une société patriarcale et clanique, où il n’existe ni police ni huissiers pour faire exécuter la décision prise par le juge.

L’exécution ne pouvait être que volontaire—ou forcée, mais dans ce cas les compagnons de tribu et les membres du clan du récalcitrant auraient dû le contraindre à se soumettre à la décision de justice. Sinon, celle-ci serait restée sans effet et, tôt ou tard, l’anarchie aurait remplacé une bonne administration de la justice. Nous avons ici une démocratie directe dépourvue de toute institution particulière de coercition publique, du moins en ce qui concerne le pouvoir judiciaire.

En outre, le pouvoir judiciaire créé à l’initiative de Moïse n’était pas traditionnel : il n’était ni consacré ni soutenu par les normes du droit coutumier propres à toute société tribale. Les institutions tribales traditionnelles appartenaient à un ethos social tout aussi traditionnel ; leur obéir supposait de suivre des schémas sociopsychologiques et des modèles de comportement connus, sans exiger de prise de conscience.

L’institution des juges proposée au peuple par Moïse ne rentrait pas dans les cadres traditionnels. Il fallait ici un choix conscient et une responsabilité tout aussi consciente pour ce choix. Une responsabilité avant tout devant Dieu—le Dieu de Moïse, qui devenait désormais aussi le Dieu de tout le peuple. Il le devenait non plus seulement en paroles, mais en actes, car le choix des juges comme l’obéissance à leurs décisions étaient précisément des actes, les actes d’hommes libres exerçant leur liberté devant Dieu.