RÉFLEXIONS pour Ga 5:4-5 — le 9 juillet 2021

RÉFLEXIONS pour Ga 5:4-5

Aux temps évangéliques, on regardait la Tora, la Loi, de différentes manières. Pour la plupart des Juifs croyants, la Tora était une sorte de code moral et juridique qui devait être accueilli et accompli sans réserve. Il allait de soi que ce code était praticable. Et au niveau auquel se limitait la majorité religieuse, l'accomplissement de la Tora ne posait en effet aucun problème insoluble. Bien sûr, cela demandait des efforts, mais les personnes sincèrement religieuses n'épargnent généralement pas ces efforts. Et après les avoir faits, après avoir accompli la Tora jusqu'au bout, comme il leur semblait, ces personnes se considéraient naturellement comme justes.

En effet, de leur propre point de vue, celui de l'homme religieux, elles n'avaient rien à se reprocher. Que Dieu aurait-Il encore pu leur demander? Il avait exposé ses exigences dans la Tora, et elles l'avaient accomplie. Cependant il existait alors un autre regard sur la Tora et sur la vie spirituelle. Un regard qui sortait déjà, en réalité, du cadre de la religiosité juive traditionnelle, et même de toute religiosité en général. Il s'agissait alors de la Tora intérieure. D'une Tora perçue non comme un code juridique ou moral, mais comme une révélation de la volonté de Dieu.

De la volonté de Dieu au sens le plus littéral. Au sens des intentions divines adressées à l'homme. Des intentions qui doivent déterminer toute la vie spirituelle de l'homme, et toute sa vie en général. Devenir ce noyau spirituel qui seul peut faire de l'homme un juste, s'il détermine entièrement sa vie. En parlant de la Tora, Paul oppose souvent la Tora intérieure à la Tora extérieure. Et il ne s'agit pas du fait qu'il serait un adversaire de principe de toute religiosité. Il sait seulement trop bien, par sa propre expérience, que la religion n'a jamais fait de personne un juste et ne peut pas le faire.

L'homme religieux peut faire beaucoup pour Dieu. Mais dans la vie spirituelle, l'essentiel n'est pas de faire, mais d'être. Il ne faut pas un ensemble d'oeuvres bonnes et pieuses, mais un changement qualitatif de la vie. Et là, la religion se révèle impuissante: elle change l'homme de l'extérieur, par les normes et règles qu'elle propose. Les vrais changements se produisent toujours de l'intérieur. Il faut ici précisément la Tora intérieure, mais l'homme déchu est incapable de la conduire à sa plénitude.

Le péché originel l'en empêche. Et l'apôtre le comprend lui aussi parfaitement: il a essayé de vivre ainsi et a subi un échec complet, qu'il décrit lui-même avec une entière franchise dans l'Épître aux Romains. Il ne reste que l'espérance en ce souffle de Dieu, le souffle du Royaume, qui seul peut faire de l'homme un juste. Bien sûr, c'est reconnaître sa propre incapacité spirituelle. Mais mieux vaut reconnaître l'évidence et recevoir la plénitude de la vie du Royaume que tenter de faire bonne figure dans une mauvaise situation et tout perdre.