RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Nb 33:1-56

Dans le Livre des Nombres, tout le parcours du peuple depuis le Sinaï jusqu’à la terre promise par Dieu est décrit en détail, et chaque étape est nommée. À quoi bon, pourrait-on penser, tant de précisions, d’autant qu’aujourd’hui beaucoup des lieux géographiques énumérés dans le livre ne sont plus que des noms dont il est impossible même de dire exactement où ils se trouvaient ? D’un point de vue humain, cette liste n’a réellement pas d’importance particulière. En fin de compte, c’est le résultat qui compte : le peuple est arrivé là où il devait arriver, là où Dieu voulait le voir et comptait l’installer. Mais pour Dieu, les choses sont un peu différentes. Pour Lui, le résultat n’est jamais moins important que le chemin qui y a conduit.

Pour nous, c’est habituellement le résultat, et lui seul, qui possède un sens et une importance. Nous travaillons en vue du résultat ; lui seul compte pour nous. Bien sûr, nous tenons généralement compte des pertes et des dépenses, mais seulement pour qu’elles ne dévalorisent pas le résultat, comme cela arrive lorsque, à un égard ou à un autre, les coûts le dépassent. Pour nous, toutefois, ce n’est qu’une question d’arithmétique. Les chiffres nous importent ; nous voulons en général que les comptes soient justes et qu’au bout du compte les dépenses ne dépassent pas les recettes.

Ce qui importe à Dieu, c’est la manière dont l’homme changera après avoir atteint le résultat qu’il poursuivait. Lorsque Dieu confie à quelqu’un telle ou telle tâche, Il a toujours en vue la formation spirituelle de cette personne, et pas seulement l’accomplissement de la tâche. De plus, la formation spirituelle de l’homme occupe toujours la première place pour Dieu ; le résultat Lui importe dans le contexte du processus, non en lui-même.

Cela se comprend : le but principal de Dieu est de faire de l’homme un habitant de Son Royaume, et ici la formation spirituelle de l’homme est même plus importante que les tâches confiées par Dieu qu’il parviendra à accomplir. En fin de compte, Dieu peut trouver des personnes très différentes pour résoudre une même tâche, et le plus souvent Il dispose de plusieurs possibilités. Mais chaque personne est toujours unique, tout comme son chemin spirituel. L’homme ne peut parcourir lui-même que son propre chemin spirituel, et chaque chemin est unique, de sorte que seul celui auquel il est destiné peut le parcourir.

Sans parcourir ce chemin, l’homme ne verra pas le Royaume. Dieu peut certes transporter n’importe qui n’importe où, mais, pour devenir un habitant du Royaume, il faut changer intérieurement, ce qui est en principe impossible sans la participation de la personne elle-même. Ainsi en va-t-il de tout chemin, qu’il s’agisse de celui d’un individu ou de celui de tout un peuple. Tel fut aussi le chemin du peuple de Dieu à travers la terre qu’il devait parcourir pour atteindre le lieu où Dieu lui avait assigné de vivre. Il ne s’agit pas seulement de géographie : ce sont les étapes d’un chemin spirituel, absolument importantes pour Dieu et absolument uniques dans leur qualité spirituelle, même si, extérieurement, elles peuvent ressembler à une simple liste de campements nomades dans le désert.