RÉFLEXIONS pour 2Co 13:5
Paul a tenté, pas une fois de décrire par différents mots, qu'est-ce que c'est la vie chrétienne. Et voici maintenant il appelle ses coreligionnaires à s’examiner: s’ils sont chrétiens? À première vue, la question peut sembler étrange: car chaque personne qui entrait dans l'Église (et on acceptait le baptême à cette époque seulement à l'âge de la raison), connaissait parfaitement ce qu’elle fait et Qui elle suit. Et tout de même, comme on voit, les choses ne sont pas si simples. Bien sûr, si le christianisme était seulement encore une nouvelle religion, un choix une fois fait, une promesse une fois prononcée, un baptême une fois accepté aurait été suffisant : jusqu'à ce que celui qui faisait son choix ne l'ait pas abdiqué, il resterait chrétien. Mais en effet, le christianisme n’est pas une nouvelle religion, mais la vie dans le Royaume, qu'a apporté au monde le Sauveur.
Il est impossible de se limiter ici seulement au choix, seulement à la décision, à un acte, même si c’est principalement important. La vie ne s’arrête pas, elle continue dans le Royaume, et le choix une fois fait, doit ensuite être confirmé de nouveau et de nouveau. C’est pourquoi l'apôtre conseille de s’examiner, de contrôler son état spirituel, se rendre compte, si nous vivons la vie du Christ ou non : car la vie du Christ est la vie du Royaume, et nous ne restons chrétiens qu’aussi longtemps que nous vivons une vie commune avec Christ.
Il semblerait, pour ceux qui sont dans l'Église, il ne peut pas être autrement. Cela aurait en fait été ainsi, si nous avions déjà terminé le chemin de notre transformation, si notre nature humaine se serait renouvelée jusqu'à la fin, comme cela se passera à la fin des temps, quand le Royaume se révélera dans toute sa plénitude. Entre-temps, le Royaume entre encore seulement dans le monde, et nous entrons dans le Royaume, et comme le monde n'est pas encore transformé jusqu'à la fin, nous aussi ne sommes transformés que partiellement. Dans une telle position sont encore possibles les péchés, et les erreurs, et les chutes. Avant la transformation totale nous avons encore quoi craindre.
Et si tel est le cas, ce constant contrôle de soi, dont écrit Paul est nécessaire. Puisque chaque péché commis nous sépare du Royaume, et si en le commettant nous ne perdons pas tout de même le salut, c’est seulement parce que l'histoire du Royaume ne s'est pas encore achevée, le point n'est pas mis, les portes ne sont pas fermées. Mais même dans une telle situation il vaut mieux encore une fois ne pas risquer et réduire la possibilité de perdre la plénitude de la vie au minimum. C’est ce à quoi, en effet nous exhorte l'apôtre.
