RÉFLEXIONS pour Mt 7:15-21 — le 29 juin 2021

RÉFLEXIONS pour Mt 7:15-21

Il y a toujours tant de personnes autour de nous, tant de visages qui défilent sans cesse... Aucun habitant des siècles passés ne nous envierait une vie aussi intense. Nous devons souvent côtoyer des personnes que nous ne reverrons peut-être jamais. Il arrive aussi que nous devions nous faire d’urgence une opinion de quelqu’un parce que, bon gré mal gré, il nous faudra passer un certain temps à ses côtés. Et il est très rare que nous parvenions dès le premier regard à tout comprendre de cette personne : qui elle est, ce qui la préoccupe, à quoi elle pense, ce qui la fait vivre, ce qui lui est cher... Il nous faut nous former une impression à partir de signes extérieurs. Or, dans la plupart des cas, il ne s’agit pas seulement d’une opinion, mais d’un jugement, voire d’une condamnation. Les physiognomonistes peuvent certes avoir raison sur certains points, mais on ne peut pas tout lire sur le visage d’une personne ! Dans les passages d’aujourd’hui, le Seigneur nous met justement en garde contre les conclusions hâtives et les jugements fondés sur l’apparence. Il dit que la « peau » d’une personne peut ne correspondre en rien à ce qui se trouve « à l’intérieur » (voir Mt 7:15). Même les attributs « extérieurs » de la foi ne garantissent pas le salut de l’âme. Car, comme on le sait, « les démons aussi croient, et ils tremblent » (Jc 2:19). Oui, les signes extérieurs sont nécessaires, et à ceux qui les observent le salaire « est compté non comme une grâce, mais comme un dû » ; mais heureux l’homme « à qui Dieu impute la justice indépendamment des œuvres » (voir Rm 4:4–6). Pour le Seigneur, ce qui est dans le cœur importe bien davantage. C’est pourquoi Il parle des fruits : notre aptitude à aimer concrètement, voilà ce qui Lui sert de critère. Car le cœur ne peut répandre au-dehors que ce qu’il contient (voir Mt 15:10–20). Et lorsque nous regardons une autre personne, la seule chose à laquelle il conviendrait peut-être de nous hâter, c’est la miséricorde—ou du moins un simple sourire.