RÉFLEXIONS pour Mt 8:5-13
La guérison par Jésus du serviteur du centurion est remarquable parce qu’elle s’accomplit à distance : non seulement Jésus n’entre pas dans la maison où repose le malade, mais Il ne fait même pas un pas dans cette direction. Et Il explique cette guérison par la foi de l’officier romain, une foi telle que, selon Ses propres paroles, Il n’en avait pas trouvé même au sein du peuple de Dieu. En quoi cette foi s’est-elle manifestée ? Manifestement, dans le fait que le centurion n’a pas douté un seul instant que les forces dont Jésus se servait pour guérir Lui fussent entièrement soumises. Bien sûr, le Romain pouvait penser que Jésus commandait non pas simplement à des forces, mais à des esprits capables de guérir l’homme en chassant la maladie, comme le pensaient de nombreux païens à cette époque. Quoi qu’il en soit, sa confiance en Jésus était presque absolue : il ne doute pas une seconde qu’il Lui suffise de donner un ordre, tout comme le centurion lui-même en donne à ses soldats, et que Son ordre soit exécuté. Et, bien sûr, il fait aussi confiance au Sauveur dans un autre sens : il croit qu’on ne lui refusera pas, que s’il adresse sa demande à ce mystérieux thaumaturge, Celui-ci l’aidera. Et cette plénitude de confiance ouvre le Royaume au centurion. À lui, un païen qui n’appartient pas au peuple de Dieu, un homme qui, très probablement, ne sait rien du Messie ni du Royaume, qui ne pense nullement à la Torah et dont les idées sur Dieu même sont sans doute assez vagues. Mais tout cela passe au second plan devant la confiance qui le relie à Jésus. Ensuite, tout se produit, pourrait-on dire, tout naturellement—du moins naturellement pour le Royaume, qui ne connaît pas les distances au sens où nous les entendons. Le désir du centurion de voir son serviteur guéri fait aussi entrer celui-ci en communion avec le Royaume. Et le souffle du Royaume le guérit. La confiance de l’un relie entre eux les deux autres : Jésus et le malade qui a besoin d’être guéri. Une telle chose n’est évidemment possible que dans le Royaume. Et le Royaume est ouvert à quiconque est prêt à l’accueillir, même si celui qui cherche ne se représente pas très bien ce qu’il cherche ni à quoi cela ressemble.
