RÉFLEXIONS pour Mt 5:1-13
Les Béatitudes constituent un texte absolument unique, l’un des plus importants de tout le Nouveau Testament. Les Évangiles selon Matthieu et selon Luc rapportent différemment ces paroles du Christ, ce qui nous permet de supposer que le Seigneur a parlé de cela plus d’une fois et que l’Église ancienne a conservé plusieurs récits qui ne coïncident pas entièrement. Cela signifie que nous avons affaire à quelque chose de réellement important. Les commentateurs de l’Évangile disent généralement que les Béatitudes représentent le chemin de croissance spirituelle donné à chacun, ou qu’elles indiquent en quoi nous trouvons le Christ. Mais avant tout cela, il importe pour nous d’entendre de quoi parle le Christ. Qu’est-ce que la béatitude ? Ce mot signifie à la fois bonheur, abondance et plénitude. Ainsi, dès le début de Son ministère, le Christ dit aux hommes ce qu’est le bonheur : le bonheur le plus élevé, surabondant, donné en mesure bien pleine, tassée et débordante.
Instinctivement, selon un stéréotype hérité, nous attendons autre chose de Dieu : qu’Il dénonce nos péchés et nous en purifie, qu’Il nous délivre de la douleur, de la tristesse et de la mort, qu’Il nous donne une direction morale. Or le Seigneur parle en premier lieu d’un bonheur surabondant, ce qui nous met même quelque peu mal à l’aise. Nous avons honte de penser que nous en avons besoin, de peur de paraître trop primitifs. Il importe donc pour nous de comprendre que le Christ nous appelle à la plénitude de la vie, à la plénitude du bonheur. Le chemin qu’Il nous indique est celui de la Croix. Pour vivre pleinement, dit le Christ, nous devons accueillir comme un don la souffrance inévitable dans un monde déchu et défiguré. Le bonheur qu’Il nous propose n’est pas un élixir miraculeux et terrifiant d’oubli. Au contraire, c’est la victoire accomplie dans Sa Crucifixion et Sa Résurrection. Mais d’autant plus pleine et réelle est la plénitude de vie à laquelle nous sommes appelés.
