RÉFLEXIONS pour 2Co 10:1-18
Au passage au chapitre 10 de cette épître, le ton de l’Apôtre change brusquement. Peut-être avait-il reçu de nouvelles informations sur la situation de la communauté de Corinthe, qui le poussaient à appeler de nouveau les Corinthiens à l’obéissance.
Paul emploie des expressions assez dures et adopte une position très ferme envers ceux qui sapent son autorité dans la communauté et mettent en doute sa vocation d’Apôtre du Christ. Voyez comment il utilise le vocabulaire militaire dans les versets 3–6. En effet, « ses lettres sont sévères et fortes », et il menace d’être le même « en personne et dans ses actes » (10–11). Qu’est-ce donc qui distingue l’apôtre Paul du chef de quelque secte totalitaire ? Et pouvons-nous justifier par sa sévérité nos propres paroles et actions dures dirigées contre nos frères ?
Premièrement, les armes de Paul sont « puissantes par Dieu » : il n’agit ni de lui-même ni de sa propre initiative. Pouvons-nous en dire autant de nous ? Deuxièmement, il fait « toute pensée captive pour l’amener à obéir au Christ ». Il est très important que Paul exige l’obéissance non pas à lui-même, mais à Dieu. Combien de fois notre dureté n’a-t-elle pour motif que des raisons personnelles ! Enfin, troisièmement, Paul « se glorifie », c’est-à-dire qu’il affirme son autorité, seulement « selon la mesure du champ d’action que Dieu nous a assigné, mesure qui nous a fait parvenir jusqu’à vous ». Il respecte la liberté des chrétiens de Corinthe. Son but est la libre obéissance à Dieu de ceux qu’il a « atteints par l’Évangile du Christ ». Mais l’obéissance à Dieu est en même temps une condition de l’autorité de l’Apôtre dans la communauté (6). Il n’usurpe pas le pouvoir dans l’Église de Corinthe, même au nom du Christ. Et s’il nous faut parfois faire preuve de fermeté envers nos frères ou nos sœurs, nous devons apprendre de l’apôtre Paul à l’unir à l’amour et au respect pour eux.
