RÉFLEXIONS pour 2Co 6:1-10 — le 14 juin 2021

RÉFLEXIONS pour 2Co 6:1-10

Poursuivant le thème du Royaume et du témoignage, Paul attire l’attention sur l’une des qualités les plus importantes du témoin, sans laquelle aucun témoignage n’est en principe possible. L’Apôtre parle de la nécessité pour le témoin d’être entièrement transparent à toute action de Dieu, afin qu’aucune influence de notre monde encore non transfiguré sur son âme ou son corps ne détermine son état spirituel. Il dit que le jour du salut est arrivé et que notre unique tâche est désormais de rappeler le salut à quiconque est prêt à l’entendre (v. 1–2). Notre témoignage, dit l’Apôtre, a été tel que rien d’extérieur ne pouvait l’entraver (v. 3). En énumérant tout ce qui aurait pu l’empêcher, Paul mentionne non seulement les persécutions directes (v. 4–7), mais aussi les mensonges auxquels lui-même et ses compagnons avaient manifestement souvent affaire, mensonges qui ne pouvaient manquer de nuire à la réputation des témoins aux yeux de l’opinion publique (v. 8–9).

Il est évident qu’un tel témoignage n’est possible que si la réalité qui détermine la vie du témoin n’est pas ce qui lui arrive dans ce monde, mais le Royaume dont il est l’habitant en tant que chrétien. C’est précisément ce fait que l’Apôtre signale par son affirmation, paradoxale à première vue, au sujet de ceux qui se réjouissent dans une situation où il n’y a rien dont se réjouir, qui enrichissent chacun tout en étant eux-mêmes pauvres, et qui possèdent tout sans rien avoir (v. 10). Mais il ne s’agit pas seulement du fait qu’on ne peut vraiment témoigner du Royaume que lorsqu’il devient ce qui détermine toute la vie du témoin. La réciproque est également vraie : la possibilité même de cette transparence à l’action de Dieu dont le témoin a besoin, et sa stabilité face aux influences de notre monde encore non transfiguré, prouvent son enracinement dans le Royaume. Autrement dit, notre capacité à témoigner devient pour nous le principal test de la qualité de notre vie spirituelle ; elle nous permet de répondre à la question de savoir si nous sommes des habitants du Royaume et si nous pouvons être appelés chrétiens au sens originel du mot, qui supposait non l’appartenance formelle à telle ou telle Église comme communauté religieuse, mais l’appartenance au Royaume. C’est ce test que Paul propose aux chrétiens de Corinthe pour évaluer sa propre vie comme celle de ceux qui partageaient son ministère.