RÉFLEXIONS pour 2Co 5:1-10 — le 13 juin 2021

RÉFLEXIONS pour 2Co 5:1-10

Paul passe du thème du témoignage à celui du Royaume, ce qui n’a rien d’étonnant : c’est précisément du Royaume que lui-même et les autres chrétiens ont toujours témoigné. L’Apôtre ne pouvait évidemment ignorer que l’état actuel de l’homme ne peut être que temporaire et passager (v. 1–3). Mais il ne s’agit pas simplement de réflexions sur la mort inévitable pour tous ni sur quelque mystérieux au-delà, une autre vie qui ne commencerait qu’une fois notre chemin terrestre achevé. Pour Paul, ce que l’on considère habituellement comme la mort, comme le départ vers le monde des ombres ou, en tout cas, vers un autre monde, n’est pas pour le chrétien la mort, mais le passage à la plénitude de la vie que l’on ne peut trouver que dans le Royaume (v. 4–5). C’est précisément ce qui distingue le chemin du chrétien de celui de l’homme qui ne connaît pas le Christ ni le Royaume, et qui ne connaît donc pas non plus la vie véritable dont parle l’Apôtre.

Mais Paul comprend aussi que le Royaume ne commence pas au seuil de la mort : il commence déjà dans la vie terrestre présente, si toutefois il s’agit vraiment du christianisme. C’est pourquoi il accorde une attention particulière à la qualité de la vie du chrétien. D’un côté, le corps actuel, qui n’est pas encore transfiguré, limite les possibilités de l’homme, si bien que quiconque cherche la plénitude de la vie du Royaume ne peut manquer d’en ressentir dans une certaine mesure le poids (v. 6–8). Mais, d’un autre côté, notre vie présente appartient au Royaume tout autant que la vie future qui nous attend encore (v. 9). L’évaluation de notre chemin terrestre, qui constitue l’une des étapes les plus importantes de notre vie, ne pourra cependant être faite que lorsque ce chemin sera achevé, et toutes les étapes suivantes dépendront à leur tour de cette évaluation (v. 10).

Il ne s’agit pas encore, bien sûr, du Jugement qui attend chacun à la fin des temps, qu’il ait ou non parcouru son chemin terrestre en chrétien. Il s’agit seulement d’évaluer une étape concrète du chemin. Mais, pour le chrétien, cette évaluation est essentielle : contrairement au chemin terrestre d’un homme ordinaire, le sien était lié au Royaume et en était devenu une partie ; il est donc évalué selon les mesures et les critères du Royaume. Non pas pour adresser quelque reproche au voyageur, mais pour lui ouvrir la possibilité d’avancer vers cette plénitude de vie sans laquelle demeurer dans le Royaume perd tout son sens.