RÉFLEXIONS pour Jn 14:10-21
La parole que nous lisons aujourd’hui : « Celui qui a Mes commandements et qui les garde, c’est celui qui M’aime ; et celui qui M’aime sera aimé de Mon Père ; Je l’aimerai et Je Me manifesterai à lui », est une parole merveilleuse, bonne et salutaire. Nous l’oublions souvent, emportés par une repentance qui tourne à l’autoflagellation. En réalité, la repentance est une joie, car l’obéissance est amour. Lorsque le Seigneur dit à Ses disciples ce qu’ils doivent faire, ils s’étonnent et cela leur paraît impossible. « Les disciples, ayant entendu cela, furent très étonnés et dirent : Qui peut donc être sauvé ? » (Mt 19:25) Il est difficile d’expliquer à un enfant de trois ans que sa mère ne lui donne pas un bonbon de plus non parce qu’elle est avare ou méchante, mais parce que cela lui ferait du mal. Et il est parfois tout simplement impossible d’expliquer à celui qui n’a pas trouvé Dieu combien il est bon d’écouter les commandements de Dieu et de leur obéir. Ce n’est qu’en grandissant jusqu’à la pleine maturité que nous y parvenons, et alors seulement nous comprenons enfin ce qu’est le véritable amour, qui ne veut rien pour soi, mais veut pour l’autre. Pourtant, lorsqu’on y arrive, que le cœur semble déjà si plein d’amour que tout brûle au-dedans et qu’on est prêt, pour l’autre, à passer par le feu et par l’eau, voire à monter sur l’échafaud... on découvre à un moment que l’amour s’est tari. Tous passent par là. Jean de la Croix a appelé cet état « la nuit obscure de l’âme ». Mais cela n’arrive que pour nous faire comprendre que Dieu seul est la source de l’amour, et que nous aimons non parce que nous sommes si bons et merveilleux, mais parce qu’Il donne. Car, comme l’a si bien dit notre poète : « et la compassion nous est donnée comme nous est donnée la grâce » (F. Tiouttchev).
