RÉFLEXIONS pour 2Co 3:1-18
La lecture d’aujourd’hui contient ces paroles très connues : « la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie ». L’Apôtre met en regard l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, et la lettre représente ici la loi ancienne mise par écrit. Pourquoi l’Apôtre affirme-t-il que la loi écrite est une chose meurtrière ? Et si la loi est juste et équitable ? La législation de l’Ancien Testament contient précisément des lois bonnes, nécessaires et justes. Mais, une fois écrite, la loi devient une sorte de réalité objective, séparée aussi bien de celui qui l’accomplit que, surtout, du législateur. Il ne s’agit pas seulement du fait qu’aucune loi écrite ne peut embrasser toute la diversité de la vie réelle, bien que cela soit évident. C’est une chose impersonnelle qui régit la vie de ceux que Dieu a dotés de l’image et de la ressemblance de Sa propre personnalité ; elle constitue donc une humiliation de cette image et de cette ressemblance. Ce n’est pas un hasard si, dans la période qui précède le Nouveau Testament, apparaît en Israël la notion de Sagesse de Dieu : elle est la personnification de la loi, son sens vivant, son esprit. Dans la Bible, les paroles sur la Sagesse se révèlent être des prophéties sur le Christ, car elles reflètent la volonté de Dieu de devenir directement le Souverain de Son Royaume.
À l’inverse, l’Esprit de l’Alliance toujours nouvelle permet à ceux qui y participent de vivre non sous l’autorité de tables de pierre, mais sous l’autorité personnelle du Législateur. Cela ne signifie nullement que, par exemple, des exigences morales différentes de celles qui s’imposaient aux participants de l’Alliance du Sinaï leur soient adressées. « Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir », dit le Seigneur Lui-même. Mais ces exigences ne constituent pas l’essence de la vie humaine. Leur accomplissement devient une fonction, une manifestation de la relation personnelle avec le Législateur. Après avoir parlé de la lettre qui tue et de l’Esprit qui donne la vie, l’Apôtre parle longuement de la gloire de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance. Hélas, notre triste histoire a considérablement déformé notre compréhension de ce mot, si bien qu’il doit être expliqué. Il ne s’agit nullement de ce qu’entendent les slogans. Nous nous souvenons de ces banderoles rouges tendues dans les rues qui portaient l’inscription « Gloire au PCUS » (qu’il vaut mieux ne pas évoquer la nuit). Nous nous souvenons de la gloire des rois et des puissants de ce monde. Nos frères chrétiens de la Rome antique ont très justement appelé cela pompa diaboli. Le sens biblique du mot « gloire » (grec δόξα, latin gloria) se manifeste avec le plus d’éclat dans la vision d’Isaïe : « et la gloire du Seigneur remplissait le Temple ». C’est une forme de la présence de Dieu dans laquelle l’homme reconnaît et bénit cette présence. Voilà précisément pourquoi la plénitude d’une telle gloire dans la Nouvelle Alliance est qualitativement plus grande que dans les lettres de l’ancienne Loi.
