RÉFLEXIONS pour Mt 21:18-32
La lecture d’aujourd’hui se compose de deux parties qui, à première vue, ne sont pas directement liées entre elles. La première partie est le récit du figuier desséché (v. 18–22) ; la seconde rapporte l’entretien de Jésus avec les grands prêtres et les anciens dans le Temple (v. 23–32). Il existe pourtant un lien entre ces deux événements, même s’il n’apparaît pas immédiatement.
Ce n’est pas un hasard si le récit du figuier desséché s’achève par un entretien sur la foi qui, selon les paroles de Jésus, est capable de déplacer des montagnes (v. 21–22). De toute évidence, la foi n’est pas ici seulement la confiance en Dieu et en Celui que Dieu envoie dans le monde, mais aussi un certain état spirituel. Or la seconde partie du passage est précisément consacrée à ce qui empêche l’homme d’acquérir et de conserver cet état. La conversation avec les grands prêtres et les anciens commence par la question, déjà discutée plus d’une fois, de savoir qui a donné à Jésus le pouvoir de faire ce qu’Il fait (v. 23). Comme Il l’a déjà fait, Jésus répond à une question par une autre question : le bain (« baptême ») que Jean administrait était-il vrai ou faux (v. 25) ? Les interlocuteurs de Jésus commencent alors à réfléchir à la réponse qu’ils Lui donneront (v. 25–27). Mais ils ne pensent manifestement pas à la vérité de ce que faisait Jean ; ils cherchent seulement comment sortir de cette situation délicate sans perdre la face. Finalement, comme cela arrive souvent dans de telles situations, ils éludent la réponse (v. 27).
Alors Jésus refuse Lui aussi de répondre. Il n’y a là aucun jeu : avec une telle attitude, il serait effectivement inutile d’essayer d’expliquer quoi que ce soit à ces hommes. La vérité ne les intéresse pas ; leur propre opinion compte davantage pour eux, quoi qu’ils disent de la vie spirituelle, de la pureté de la foi et d’autres choses semblables. La parabole des deux fils racontée par Jésus (v. 28–32) caractérise parfaitement la situation : on peut parler autant que l’on veut de la foi et de la vie spirituelle, mais sans obéissance sincère à la volonté de Dieu, tout cela n’est que paroles. Ce qui empêche l’obéissance, c’est le manque de résolution et d’intégrité intérieure. On ne peut pourtant pas qualifier les interlocuteurs de Jésus d’hommes entièrement incroyants. Mais leur foi n’est pas inconditionnelle ; c’est une foi assortie de réserves et de conditions. Une telle foi vaut peu. Elle ne pourra certainement pas déplacer les montagnes. Elle ne sert qu’à consoler ceux qui voudraient se considérer comme croyants sans rien sacrifier. Mais une telle foi n’a rien à voir avec le Royaume.
