RÉFLEXIONS pour Lv 10:1-20 — le 4 mai 2021

RÉFLEXIONS pour Lv 10:1-20

L’histoire du « feu étranger » est révélatrice à sa manière : elle montre une fois encore clairement que, lorsqu’il s’agit du culte, il n’est pas seulement question de rituel. Il est question d’un espace sacré, qui possède ses propres lois et sa propre logique. Le simple fait d’y demeurer obéit à cette logique. Nadab et Abihu voulaient manifestement offrir un sacrifice, précisément le sacrifice prescrit que les prêtres offraient sur ce même autel.

Mais le résultat fut pour eux tout à fait inattendu et nullement conforme à ce qu’ils avaient prévu. Extérieurement, tout se présente comme si ces hommes avaient enfreint une règle qui n’autorisait le sacrifice qu’à certaines personnes, après des rites bien définis de purification et d’autres sortes.

En réalité, cependant, le problème réside avant tout dans ceux qui offrent le sacrifice eux-mêmes, dans leur état spirituel. Contrairement à l’espace ordinaire, l’espace sacré réagit directement à l’état spirituel de la personne qui y entre. Non pas, bien sûr, parce qu’il posséderait des propriétés magiques particulières, mais parce que son mode même d’existence est déterminé directement par la présence de Dieu, et non indirectement comme dans l’espace ordinaire du monde déchu.

Si, dans le monde déchu, la réaction à l’état spirituel d’une personne est généralement indirecte ou totalement absente, dans l’espace sacré elle se produit immédiatement, parce que là, où qu’il soit et quoi qu’il fasse, l’homme se trouve face à face avec Dieu. Il en va de même du Royaume que le Sauveur a apporté au monde : en lui, comme dans l’espace sacré, on se trouve à chaque instant et en tout lieu face à face avec Dieu. Et si ce qui est arrivé à Nadab et Abihu ne nous arrive pas à chaque minute, c’est uniquement par la miséricorde du Roi de ce Royaume. Devant Dieu, tout est toujours réel et sérieux : une vérité dont la découverte a coûté cher au peuple de Dieu.