RÉFLEXIONS pour Mt 24:3-35
En parlant de Son retour dans la gloire, le Sauveur souligne particulièrement trois points importants pour nous. L’un d’eux concerne cette pensée qui ne cesse de nous tourmenter : nous ne savons rien du moment de Son retour. Nous aimerions beaucoup combler ce qui nous paraît être une lacune de l’Évangile, peut-être parce qu’il nous semble que Dieu cherche à nous cacher quelque chose, ou peut-être parce que nous avons réellement peur : et s’Il nous trouvait sans préparation ?
Jésus Lui-même dit que cela est tout à fait possible ; pour l’éviter, il ne faut pas chercher à calculer l’incalculable, mais vivre constamment prêts à rencontrer Celui que, comme nous le proclamons hautement, nous attendons et sommes toujours heureux de voir. Dans d’autres paraboles sur le Royaume, Il parle aussi de ce qui nous empêche d’être prêts à cette rencontre, en désignant avant tout le manque de confiance. La parabole des talents en est un excellent exemple : ce qui a perdu le serviteur qui rendit à son maître ce qu’il avait reçu sans l’avoir fait fructifier, c’est précisément son manque de confiance. Il eut manifestement peur de ce qui n’avait pas effrayé les autres : et s’il se révélait mauvais financier et ne savait pas gérer correctement l’argent ?
Or le Royaume — et la parabole porte sur les dons du Royaume — ne peut se répandre dans le monde que si chacun de ceux qui participent à sa vie augmente, par lui-même, la plénitude de ce à quoi il a été associé ; s’il devient lui-même porteur du souffle du Royaume et de son amour. C’est très bien, mais qu’en est-il de ceux qui, malgré tous les efforts de ses témoins, ne connaissent toujours pas le Royaume ? Sont-ils tous condamnés ? Le Sauveur ne le pense pas. En parlant du Jugement dernier, Il dit que chacun de ceux qui comparaissent devant le Jugement est jugé selon la manière dont il a traité « ces plus petits frères », par lesquels Jésus entend manifestement Ses disciples et Ses fidèles. Personne n’est coupé du Royaume ni du salut, pas même ceux qui, dans l’époque présente — celle du Royaume qui vient —, sont restés en dehors de lui.
Dieu évaluera leur vie dans son rapport au Royaume et à ceux qui ont vécu de sa vie. Il ne s’agit pas de privilèges accordés aux chrétiens au jour du Jugement, mais d’une réalité objective : après la transformation du monde, le destin de chacun est déterminé selon la mesure de sa participation objective à ce processus. Car le jour du retour du Sauveur dépend en fin de compte précisément de la mesure de la participation de chacun. Et il n’est pas déterminé parce que sa proximité dépend non seulement de Dieu, mais aussi de nous.
