RÉFLEXIONS pour Ac 4:32 — le 21 avril 2021

RÉFLEXIONS pour Ac 4:32

Selon le témoignage du Livre des Actes, l'Église chrétienne primitive devait être une communauté, où la norme était, en particulier, le bien commun. Plusieurs chrétiens (et non seulement eux) par la suite ont tenté de suivre l'idéal des premiers chrétiens. Cela réussissait à quelqu'un mieux, et à l’autre pire. Mais qu’est-ce qui motivait tous ces gens? En effet, les biens communs étaient pratiqués par les représentants de certaines doctrines religieuses philosophiques aux temps d'avant christianisme, sans parler des confréries religieuses juives comme les Esséniens. Qu'est-ce qui incitait donc ces gens si différents à refuser leurs biens au profit de la communauté?

Le motif très souvent principal s’est avérée l'aspiration à la vie ascétique, qui faisait bouger non seulement les moines chrétiens du Moyen âge et des temps modernes, mais aussi, par exemple, les disciples de Pythagore, dans les communautés où le bien commun était aussi quelque chose si pas obligatoire, alors apparemment assez largement répandue. Ici l’homme était avant tout motivé par le désir de simplifier au maximum sa vie, y compris en ce qui concerne les liens économiques et sociaux. En abandonnant le bien, l’homme refusait ainsi aussi également la société, de même que ce qui le liait à la société. Un autre cas — le refus du bien dans le contexte de la perspective eschatologique et apocalyptique imminente, comme c'était, par exemple, chez les Esseniens-Qumrân.

Ici jouait son rôle l'assurance du fait que le monde est condamné à la perdition à cause de l’impureté, et pourront être sauvés seulement ceux appartenant à la communauté des «pures» (sous laquelle les gens de Qumrân, avaient bien sur en vue eux-mêmes). Ici le don du bien à la communauté était équivalent à la contribution dans la construction de la seule arche salutaire sur terre, pour laquelle on ne regrette de rien. Mais est-ce que l'Église chrétienne primitive pouvait être guidée par les motifs ascétiques ou apocalyptiques? Probablement, non tout de même. Car il s’agissait non pas de l'abstinence et non pas de la fin à venir, mais de la vie du Royaume.

Mais il y avait ici une autre, pas moins puissante motivation: l'expérience même de la vie dans le Royaume. En effet, le Royaume est possible seulement comme le fait de donner, le refus de sa partialité, la volonté de partager tout qu’on a, pour recevoir «tout» à la place de cette petite partie qu’on donne. Ici donner signifie ne pas refuser et de ne pas perdre, mais obtenir et recevoir. C’est justement ce cas, lorsque diviser signifie multiplier. Et le bien commun est ici non pas la réalisation d'une idée ascétique ou eschatologique, mais une continuation naturelle dans le monde non transformé de cette vie du Royaume, qui un jour, après la transformation, deviendra pour lui naturelle et organique.