RÉFLEXIONS pour Ac 5:33-42 — le 16 avril 2021

RÉFLEXIONS pour Ac 5:33-42

En parlant de la Synagogue traditionnelle, il faut garder à l’esprit qu’elle n’était nullement homogène sur le plan spirituel ni religieux. Le témoignage en est l’intervention, au Sanhédrin, de l’un des maîtres de la Torah les plus connus de cette époque, Gamaliel, qui avait de nombreux disciples, parmi lesquels se trouvait d’ailleurs Shaoul (Saul), le futur apôtre Paul. Gamaliel appartenait à l’école de Hillel, l’une des deux principales écoles théologiques de cette époque (l’autre était l’école de Shammaï). Hillel, qui vécut environ deux siècles avant les événements décrits, accordait une attention principale à l’expérience d’une communion directe et immédiate avec Dieu, qui, comme il l’enseignait, était accessible à tout chercheur, pourvu que ce chercheur fût prêt à suivre la Torah.

Il s’agissait bien sûr non seulement de la Torah extérieure, mais aussi de la Torah intérieure. Hillel n’était pas un formaliste religieux ; dans la vie spirituelle, il considérait comme principal la lecture priante et attentive de la Torah, la prière intérieure continue et l’attention à sa vie intérieure, à ces intentions qui déterminent la qualité de la vie spirituelle de l’homme et sa direction. Il ne rejetait évidemment pas les formes traditionnelles de la religion juive, mais il ne les considérait que comme l’enveloppe religieuse de l’essentiel, de la vie spirituelle proprement dite.

Gamaliel appartenait lui aussi à cette école, dont il avait reçu, à en juger par les témoignages de ses contemporains, les meilleurs traits. C’est lui qui intervint au Sanhédrin pour défendre le nouveau mouvement. Gamaliel lui-même, bien sûr, n’était pas chrétien, même si par la suite des légendes sur sa conversion au Christ circulèrent dans le milieu chrétien. Mais il était spirituellement assez sensible pour comprendre qu’il s’agissait peut-être ici de l’action de Dieu. Et alors il conseilla au sommet du Temple et aux chefs synagogaux de ne pas se hâter.

Simplement laisser tranquilles ces nouveaux messianistes et voir ce qui arriverait ensuite. Et il donna un argument de poids en faveur d’une telle décision, en rappelant d’autres mouvements messianiques qui s’étaient terminés par rien (et de tels mouvements éclataient souvent en Judée à cette époque). Pour les autorités, c’était une option sans risque : si le nouveau mouvement ressemblait aux précédents, il prendrait fin de lui-même ; sinon... eh bien, il faudrait alors réfléchir à ce qu’il conviendrait de faire. Pour l’instant, on pouvait ne pas s’inquiéter. C’est ainsi qu’il fut décidé d’agir : les apôtres furent punis pour leur désobéissance formelle à l’interdiction du Sanhédrin de prêcher le nouveau nom sacré, puis relâchés. Et l’on se mit à observer ce qui se passerait ensuite.