RÉFLEXIONS pour Ex 29:1-18
La consécration des prêtres dans le yahvisme est un rite particulier. Elle est liée à la conception du sacrifice propre à la tradition yahviste et à la conception correspondante de la sainteté. Dans le yahvisme, la sainteté suppose avant tout de participer à cette présence de Dieu qui s’est révélée à Moïse au Sinaï et qui a ensuite accompagné le peuple tout au long de son histoire terrestre.
Le sacerdoce fut institué afin que, dans le peuple de Dieu, il existe toujours et à tout moment un certain groupe de personnes demeurant dans un état de consécration et se tenant près de l’autel, littéralement et physiquement au lieu de la présence divine. Les rites de consécration des prêtres décrits dans le Livre de l’Exode étaient nécessaires pour introduire ceux qui allaient servir Dieu directement dans cet espace spirituel où la communion avec Dieu était une réalité quotidienne.
Avant la venue du Christ, un tel état n’était pas chose habituelle pour l’être humain comme il l’est aujourd’hui pour nous. Nous vivons aujourd’hui dans un monde dont le Royaume, selon les paroles du Sauveur, « s’est approché », à tel point que son souffle se fait sentir partout et que quiconque n’y est pas indifférent peut entrer en contact avec lui. Mais à l’époque de Moïse, lorsqu’il restait encore près de quinze siècles avant la venue du Christ, tout était différent.
La communion directe avec Dieu était alors plutôt l’exception que la règle ; elle était accordée rarement, à peu de personnes et au prix de grands efforts. La présence de Dieu parmi Son peuple constituait l’unique exception, une immense possibilité ouverte à tous ceux qui appartenaient à ce peuple. Mais cette possibilité ne pouvait être saisie qu’au prix des efforts nécessaires. Il fallait changer entièrement sa vie, vivre uniquement pour cette Présence et uniquement par elle.
Peu de personnes pouvaient alors mener une telle vie ; elle exigeait des forces spirituelles particulières, et la consécration des prêtres au service devait leur donner ces forces. Il n’y avait certes là aucun automatisme ni aucune magie. Pour recevoir réellement les forces nécessaires au service, il fallait se tourner vers Dieu et établir avec Lui la relation qui Lui permettrait d’agir avec la personne consacrée. Mais la possibilité d’une telle consécration existait ; il dépendait ensuite de la personne consacrée d’en profiter ou non.
