RÉFLEXIONS pour Lc 1:24-38 — le 7 avril 2021

RÉFLEXIONS pour Lc 1:24-38

L’apparition de l’ange à la Vierge Marie, l’Annonciation : qu’est-ce donc ? Une révélation semblable à tant d’autres décrites dans la Bible ? Oui, bien sûr : il s’agit sans aucun doute d’une révélation comparable à beaucoup d’autres par son essence et sa forme. Une révélation unique qui concerne la naissance du Messie ? Oui, assurément : son contenu principal se résume précisément à la bonne nouvelle de Sa naissance. Mais elle n’est pas seulement tout cela ; il y a ici quelque chose de plus.

Une allusion à cette dimension supplémentaire se reflète entre autres dans le nom traditionnel de l’événement lui-même : l’annonciation est en effet la même chose que l’évangile, la bonne nouvelle. Où commence donc l’évangile, la bonne nouvelle, l’annonciation ? Dans les anciennes prophéties sur la venue du Messie ? Oui, bien sûr — mais ce n’est encore que la préhistoire. Dans la promesse que l’ange annonce à la Vierge Marie ? Sans aucun doute : il lui annonce l’accomplissement des anciennes prophéties. Pourtant, l’avenir est l’avenir, il est encore devant nous ; le passé est le passé, il est déjà derrière nous. La bonne nouvelle, elle, est toujours au présent, sinon elle n’existe pas.

Qu’y a-t-il donc au présent ? « L’Esprit Saint viendra sur Toi, et la puissance du Très-Haut Te couvrira de son ombre. » Plus exactement, selon le sens du texte grec, non pas « viendra » et « couvrira », mais « vient » et « couvre » : les formes grecques autorisent tout autant le présent que le passé dans la traduction. Voilà qui est véritablement une bonne nouvelle. Car la bonne nouvelle inclut toujours celui à qui elle s’adresse. Elle l’inclut dans le processus que suppose sa réalité, dans la possibilité de son plein accomplissement — là et au moment où cet accomplissement est prévu par la providence divine.

Mais lorsque la providence divine se révèle à une personne, elle ne demeure jamais pour elle seulement dans l’avenir ; elle se révèle toujours comme un présent éternel dont sa propre vie devient une partie. Il en fut ainsi pour la Vierge Marie : la bonne nouvelle fit d’Elle-même une partie de la providence divine. Avec Son consentement, bien entendu : « Voici la servante du Seigneur. » Sans un tel consentement, nul ne devient partie de la providence divine. La Vierge Marie consentit — et devint Celle qu’Elle est devenue : la Mère du Messie.