RÉFLEXIONS pour Мк 1:35-44
« Je le veux, sois purifié. » Ce sont des paroles très importantes, centrales pour le Grand Carême. La demande d’être purifié fait partie de la récitation prescrite de la principale prière du Grand Carême, la prière de saint Éphrem le Syrien : « Ô Dieu, purifie-moi, pécheur », répétée douze fois avec des inclinations. « Purifie-moi. » Nous crions vers le Seigneur, mais parfois avec une telle frénésie que nous n’entendons pas ce qu’Il nous répond. Or il faut prier très doucement — dans le silence intérieur — pour entendre le Seigneur nous répondre par les paroles de l’Évangile d’aujourd’hui : Je le veux, sois purifié. Et parce que nous crions avec tant de frénésie, parce que nous n’entendons pas en réponse Son « Je le veux, sois purifié », nous nous jetons avec la même énergie sur toutes sortes de restrictions du Carême. Mais rappelons-nous l’hymne de la semaine qui précède déjà le dimanche de l’abstinence de viande : En vain te réjouis-tu, ô mon âme, de t’abstenir de nourriture, alors que tu n’es pas purifiée des passions (mercredi de la semaine de l’abstinence de viande). Il faut entendre que le Seigneur Lui-même désire notre purification ; alors le jeûne deviendra vraiment pour nous « joie et fête d’allégresse » (Za 8,19), vraiment un « printemps », comme le dit le père Alexandre Schmemann dans son commentaire du Grand Carême (« Le printemps du jeûne a resplendi », stichère des vêpres du mercredi de la semaine de l’abstinence de viande), parce qu’il sera le mystère de l’amour entre Dieu et moi, le mystère où notre désir mutuel trouve son accomplissement.
