RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Ex 18:1-27

Le beau-père de Moïse a manifestement une grande expérience du gouvernement. Ce n'est pas par hasard que c'est lui qui conseille à Moïse de créer le premier appareil administratif de l'histoire du peuple. On pourrait penser qu'il ne s'agit ici que du désir de Moïse de transférer à d'autres une partie du poids de la gestion du peuple. Cela se comprend : pourquoi devrait-il personnellement trancher chaque affaire, examiner chaque problème qui surgit ? Sa tâche est le ministère prophétique ; il doit être médiateur entre Dieu et le peuple, puisque le peuple a besoin d'un médiateur. Le reste peut être confié à d'autres. Pourtant, en réalité, tout est plus complexe.

Outre l'allègement du fardeau de Moïse lui-même, on voit ici une tentative de rendre le peuple au moins un peu responsable de sa propre vie et de ses propres affaires : car ceux qui exerceront l'autorité sur le peuple sont choisis par lui. Personne n'a choisi Moïse ; il est un chef établi par Dieu. On peut lui adresser n'importe quelle réclamation sans rien assumer soi-même : car c'est lui, Moïse, qui est l'initiateur de tout ce qu'il fait. Dieu le conduit ; qu'il règle donc avec Dieu ses problèmes et les nôtres, et nous attendrons.

Désormais, tout change : les nouveaux chefs, le peuple les choisit lui-même. Il ne sera plus possible de se décharger entièrement de sa responsabilité : celui qui choisit répond toujours de ceux qu'il choisit. En outre, la désobéissance à ces chefs choisis devient désormais, au minimum, manifestement incohérente aux yeux de tous. D'abord choisir soi-même ses responsables, puis ignorer leurs indications, ne pas écouter leurs ordres, les négliger purement et simplement ? Dans ce cas, un homme un tant soit peu normal cesserait tout simplement de se respecter lui-même, et son entourage ne le prendrait guère au sérieux.

Il s'agit donc d'un apprentissage de la responsabilité la plus élémentaire, d'une responsabilité liée au pouvoir, à sa délégation, à l'obéissance consciente à ceux que l'on a soi-même choisis pour chefs. Bien sûr, tout ne se passe pas toujours sans heurts, mais on apprend de ses erreurs, et il est impossible d'apprendre autrement la responsabilité. Le peuple devra encore organiser la terre que Dieu lui a promise ; l'expérience ainsi acquise lui sera alors très utile. Sans elle, il ne pourra pas y établir une vie un tant soit peu normale sur la terre donnée par Dieu.