RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Dn 3:14-20

Tout chrétien sait que les temps de persécution mettent à l’épreuve la fidélité à Dieu et au Christ. La littérature hagiographique rapporte souvent des miracles qui ont accompagné le témoignage des martyrs chrétiens. La fiabilité de ces récits est une question à part. Pourtant, les héros du Livre de Daniel, lorsqu’ils se préparent à témoigner de leur fidélité au Dieu d’Israël, ne semblent nullement attendre un miracle. Non qu’ils l’excluent entièrement : ils admettent parfaitement que Dieu, s’Il le veut, peut les préserver même dans la fournaise ardente.

Mais ils ne font pas dépendre leur témoignage de ce miracle, pas plus que les martyrs chrétiens ne faisaient dépendre le leur des miracles. En effet, il s’agit de témoigner de la fidélité à Dieu et au Christ, non de la puissance divine. Dieu, bien sûr, peut toujours intervenir et manifester Sa puissance, s’Il le juge nécessaire. Sinon, c’est la mort même du martyr qui deviendra témoignage.

En effet, dans un monde où la vie était la valeur suprême, la disposition à mourir ne pouvait signifier que l’une de ces deux choses. Ou bien, pour celui qui allait à la mort, la cause pour laquelle ou la personne pour laquelle il mourait comptait davantage que sa propre vie — mais cela aurait paru à tous manifestement absurde. Mourir pour une idée est un phénomène des temps modernes, un phénomène de l’ère chrétienne. Une telle mort n’est possible que comme une sorte de martyre quasi chrétien. Ou bien celui qui va à la mort connaît une autre vie, la vie dans toute sa plénitude.

La vie terrestre ne constitue qu’une petite part de cette plénitude, et le martyr est prêt à renoncer à cette petite part pour le tout. Voilà ce qu’est le témoignage : le témoignage que les paroles du témoin sur Dieu, sur le Christ et sur le Royaume ne sont pas de simples paroles, mais une réalité — sa réalité, celle du Royaume dans lequel il vit. Ce que ses bourreaux tiennent pour la réalité n’est qu’une ombre pâle et une mauvaise parodie de la réalité du Royaume. Le moment venu, elle disparaîtra avec le mal qui imprègne le monde déchu tandis qu’il redevient le Royaume.