RÉFLEXIONS pour Dt 4:5-9 — le 10 mars 2021

RÉFLEXIONS pour Втор 4:5-9

De quoi un peuple a-t-il besoin pour être et demeurer toujours le peuple de Dieu ? Avant tout, selon la parole de l’auteur sacré, il doit se souvenir de ces rencontres avec Dieu sans lesquelles il est impossible de parler d’élection divine. Dans la vie spirituelle, l’expérience est le fondement de tout, qu’il s’agisse d’une personne ou d’un peuple entier. Mais une seule rencontre ne suffit pas. Même de nombreuses rencontres ne suffisent pas si tout se limite à elles. C’est pourquoi Dieu donne la Torah à ceux dont Il veut faire Son peuple : les commandements qui en constituent le cœur et les lois fondées sur ces commandements.

Pourquoi Dieu ne Se limiterait-Il pas aux seuls commandements ? Ils semblent simples, clairs et n’avoir besoin d’aucune explication. Mais ce n’est vrai qu’au premier regard. S’il ne s’agissait que de situations simples et sans ambiguïté, l’observance des commandements ne poserait effectivement aucun problème, du moins quant à leur compréhension. Mais dans la vie réelle, les choses sont parfois loin d’être aussi simples qu’en théorie. Même la théologie morale ne peut tout prévoir.

C’est pourquoi Dieu donne à Son peuple non pas une théologie morale, mais la Torah. Il lui propose non pas une théorie, mais des lois qui prescrivent la conduite à tenir dans les situations les plus typiques, ou archétypales, comme dirait un spécialiste de la culture. Mais Dieu ne Se limite pas aux seules lois. Outre les lois proprement dites, Il propose encore au peuple des décisions judiciaires, appelées « ordonnances » dans la traduction synodale.

Il n’y a là rien d’étonnant : toutes les législations du monde antique reposaient sur des précédents, et la Torah ne fait pas exception. Les décisions judiciaires y jouaient réellement le rôle de précédents. Mais ce n’est pas tout. L’homme ne suit pas la Torah seulement lorsqu’il occupe la place du juge ; il est d’ailleurs impossible d’affecter à chacun un juge ou un rabbin qui le dirigerait en lui indiquant le bon chemin. Dans les situations concrètes de la vie qui exigent un choix et une décision, chacun doit être son propre juge et son propre rabbin. Cela est possible, mais seulement si la Torah devient pour l’homme non pas une simple histoire, mais aussi la source de ces précédents mêmes sur lesquels il peut fonder les bonnes décisions là où nous devons les prendre aujourd’hui.

Comprise ainsi, la Torah peut véritablement devenir pour nous la source d’une compréhension qu’aucune autre loi ni aucune autre règle, même la plus sage et la plus belle, ne saurait donner, car celles-ci ont été inventées par des hommes pour des hommes qui vivaient à leur époque. La Torah, en revanche, si nous l’abordons correctement, peut devenir pour nous cet instrument entre les mains de Dieu que l’apôtre Paul appelle à juste titre un « pédagogue pour nous conduire au Christ ». Elle deviendra alors pour nous non pas une histoire, mais un véritable instrument de salut.