RÉFLEXIONS pour 2Jn 1:8 — le 5 mars 2021

RÉFLEXIONS pour 2Jn 1:8

Que veut dire l’apôtre, en exhortant ses coreligionnaires «d’avoir les yeux sur eux» pour ne pas perdre la récompense promise? De quelle perte s’agit-il? Et pourquoi faut-il surtout avoir les yeux sur soi pour que tout soit en ordre? Selon le contexte de l'énonciation, on peut croire qu'il s'agit d’une doctrine, de l’orthodoxie, qui est nécessaire de garder, sinon il y a un risque de perdre le Royaume, et avec le salut. À première vue, une telle exhortation est tout à fait naturelle : les représentants de toute doctrine religieuse (comme, d'ailleurs, et n'importe quel autre) sont toujours d’un certain degré préoccupés par la pureté de leurs propres rangs, y compris la pureté, pour ainsi dire, idéologique: car n'importe quelle communauté religieuse a besoin des adeptes, capable de répandre la doctrine et attirer des nouveaux membres. Mais en effet, le christianisme n’est pas la religion, mais la vie dans ce Royaume, qu'a apporté au monde le Sauveur. Pour être son habitant, il faut être fidèle non pas à l'idée, ni à la doctrine et ni au dogme, mais à Dieu et au Christ, la Torah et l'Évangile. C'est une question non tant d’opinions, que de la vie pratique, non tant de l'orthodoxie, que de l’orthopraxie. Mais pourquoi alors ici les questions sur l’orthodoxie? Peuvent-elles influencer cette vie dans le Royaume, qui est l’essence du christianisme? Il est évident que, même si une telle influence est possible, alors cela sera seulement dans un aspect : dans l'aspect des relations liant l'habitant du Royaume avec Dieu, avec le Christ et avec les voisins. Les relations de l’homme avec Dieu et avec les prochains, de manière exhaustive, sont décrites et réglementées par la Torah, pour elles il suffit le Décalogue. Mais voici, les relations avec Jésus dépendent en plusieurs de celui qui voit en Lui l’homme qui s'approche de lui.

La question de Jésus: pour qui les gens me prennent? Et qui vous pensez que Je suis? est adressée, au fond, à chacun de nous. Et nous devons répondre à cette question chaque fois que nous voudrons partager avec Lui le repas au moment de la fraction du pain dans une réunion d'église. Apparemment, déjà au temps de Jean à l'Église et autour d'elle il y avait beaucoup de gnostiques, pour qui Jésus n'était jamais une Personne, qui étaient prêts à voir en Lui plutôt un ange ou un certain esprit supérieur. Et le danger spirituel était ici non pas la non-orthodoxie en tant que telle, mais en ce qu’une telle opinion sur Jésus rendait impossible pour l’homme la transfiguration, et par conséquent l’appartenance au Royaume, ne serait-ce que dans cette vie.

Et alors perdaient leur sens et la fraction du pain, et l'existence même de l'Église: car «par le corps Christique», par la définition de l'autre apôtre, dans un tel cas elle ne pouvait aucunement être, et en toute autre qualité elle ne pouvait donner à l’homme rien, que ne pouvait lui donner la Synagogue. L’orthodoxie en elle-même n’avait jamais été nécessaire à l'Église, elle pouvait en elle-même être nécessaire seulement aux structures d'église, parasitant sur elle. Et à l'Église elle était toujours nécessaire seulement du point de vue de cette principale question qu’avait posée en Son temps Jésus aux apôtres: et vous qui pensez-vous que Je suis? Parce que de sa réponse dépend la possibilité même de la vie dans le Royaume. Et donc, et la possibilité du salut.