RÉFLEXIONS pour Gn 22:10-13 — le 28 février 2021

RÉFLEXIONS pour Gn 22:10-13

Toute la première moitié du Livre de la Genèse, à l’exception du Prologue formé de ses onze premiers chapitres, est consacrée à décrire comment Abraham, progressivement et pas à pas, fait connaissance avec le Dieu qui l’a appelé à Le suivre en Palestine, et apprend à Le connaître toujours mieux. Le sacrifice d’Isaac est la dernière étape, dramatique, de cette rencontre.

Pourquoi, pourrait-on demander, Dieu éprouverait-Il un homme sur quelque chose qu’il n’aura jamais à faire ? Dieu n’a pas besoin de sacrifices humains ; ils sont pour Lui une abomination, comme la Bible le dit à plusieurs reprises. Il est vrai que la Bible ne distingue pas toujours clairement la volonté de Dieu de ce qu’Il permet ; parfois, ce qu’Il permet est considéré comme l’intention de Dieu Lui-même et Lui est directement attribué. Mais même cette approche ne peut être tenue pour complètement erronée : si Dieu n’empêche pas quelque chose de manière décisive, c’est qu’Il a un certain projet lié à ce qui se produit.

En tout cas, une chose est évidente : Abraham résiste à l’épreuve, et Dieu le confirme. Quel est donc le sens de cette épreuve ? Abraham pouvait-il penser que son Dieu exigerait de lui un sacrifice humain ? Peut-être. Dieu S’était auparavant désigné par le nom El Shaddaï, « Dieu de puissance », et les païens de l’Antiquité avaient tendance à chercher les dieux portant de tels noms dans le monde inférieur plutôt que dans le monde supérieur, dans le royaume des morts sous la terre plutôt qu’aux cieux.

Quoi qu’il en soit, ils situaient la source de la puissance qu’implique le nom révélé par Dieu à Abraham non pas dans les cieux, mais dans le monde inférieur. On pouvait attendre du maître du monde inférieur, du monde des ombres et du royaume des morts, qu’il exige un sacrifice humain. Mais comment le Dieu d’Abraham pouvait-Il lui demander de sacrifier son fils ? N’avait-Il pas dit Lui-même auparavant que toutes les promesses déjà données seraient précisément liées à ce fils venu au monde d’une manière miraculeuse ?

Que pouvait donc signifier l’ordre de le sacrifier ? Tout avait-il été tromperie depuis le début ? Mais le fils promis était réellement venu au monde, et cela à un moment où il était déjà tout à fait impossible de l’espérer ! C’était une véritable épreuve, une épreuve par l’absurde, que l’on ne pouvait traverser qu’en s’appuyant sur une confiance totale en Dieu, dans une situation où la raison refuse de comprendre l’horreur qui arrive à l’homme.

Abraham traverse cette épreuve : il espère jusqu’au bout. Et, à la fin, la situation se dénoue miraculeusement, car Dieu n’a réellement pas besoin de sacrifices humains. Il a besoin de notre confiance. Parfois contre l’évidence.