RÉFLEXIONS pour 2P 1:21 — le 19 février 2021

RÉFLEXIONS pour 2P 1:21

L'expérience prophétique était bien connue du yahvisme, puis du judaïsme. Elle ne l'était pas moins du christianisme primitif. En tout temps, les yahvistes, les Juifs et les chrétiens ont su qu'on ne devient pas prophète parce qu'on en a envie, mais parce que Dieu appelle à ce service. Sur l'expression « en avoir envie », on pourrait certes discuter. Presque tous les livres prophétiques parlent de faux prophètes, particulièrement nombreux dans les temps troublés et confus. Et presque toujours la foule prend ces faux prophètes pour de vrais prophètes et les écoute plus volontiers que les vrais. Pourquoi donc? Et qui sont ces gens qui se font passer pour prophètes? On le voit, il ne s'agit pas de prophètes au sens propre, mais d'une sorte d'extatiques prophétisants. De telles personnes ont existé en tout temps et dans toutes les sociétés, et elles s'activent d'ordinaire dans les périodes de grande inquiétude sociale. Rien d'étonnant: l'extase en elle-même est un phénomène purement psychologique, lié à un élargissement spontané des limites de la perception, généralement accompagné d'une restructuration rapide et brusque de la conscience de celui qui perçoit, d'habitude temporaire, parfois très prolongée, et dans certains cas même irréversible. Cet élargissement peut être provoqué par des causes très diverses, depuis les drogues jusqu'à une action spirituelle directe. Chez les prophètes véritables, l'extase était liée précisément à une telle action spirituelle: ce n'est pas par hasard qu'ils parlaient eux-mêmes du souffle, de l'Esprit de Dieu, qu'ils ressentaient de manière tout à fait réelle. Et ils témoignaient de ce qu'ils avaient entendu dans la communion avec Dieu. Qu'entendaient les faux prophètes? À l'évidence, ce qui, comme on dit, flottait dans l'air. Et ils disaient donc ce que désiraient entendre ceux qui respiraient cet air. Les vrais prophètes, eux, ne pouvaient parler que de ce qu'ils avaient entendu de Dieu. Or Dieu, on le sait, ne dit pas toujours ce que nous aimerions entendre de Lui. Les auditeurs doivent alors choisir à quelles paroles prêter attention. La raison appelle à écouter ce qu'il est désagréable d'entendre: personne ne dirait volontairement des choses désagréables à une foule échauffée. Les émotions, elles, poussent à se ranger du côté de ceux qui disent ce qui flatte l'oreille. Et le choix, comme toujours, appartient à ceux qui écoutent.