RÉFLEXIONS pour Jc 1:5
La mention de la sagesse par Jacques en lien avec la patience peut, à première vue, paraître quelque peu étrange. Mais c’est ainsi que cela peut nous paraître aujourd’hui : pour nous, la sagesse est souvent liée à quelque chose de livresque, philosophique, abstrait. Or la sagesse, telle que la comprend la Bible, a toujours été quelque chose de plus pratique qu’abstraitement spéculatif. Le mot hébreu correspondant, comme son équivalent grec, désigne avant tout un art, une compétence, d’abord une compétence pratique. On pouvait appeler sage, par exemple, un artisan habile capable de fabriquer une belle chose en pierre, en bois ou en métal : il fallait là à la fois le savoir-faire pratique de l’artisan et ce sens de la beauté propre à l’artiste. On appelait aussi sage celui qui savait gouverner, peu importe qu’il s’agisse de sa propre maison ou d’un pays entier.
Ici, la compétence était déjà liée non au métier de l’artisan, mais à cette expérience qui permet de construire des relations avec les hommes, de tenir compte des intérêts de chacun et de faire en sorte que la tâche fixée soit accomplie non au détriment des intérêts de quelqu’un, mais pour le bien commun. Mais la forme la plus haute de sagesse était la sagesse du juste, l’expérience et l’habileté de la vie juste. Il semblerait que la justice soit un don de Dieu et que l’homme y puisse peu. Mais tout don doit savoir être reçu, et l’habileté de la vie juste est liée précisément à ce savoir. Comment suivre Dieu en dépit de son propre péché, Le suivre de manière à trébucher le moins possible ?
La sagesse de celui qui cherche la vie juste était liée à la réponse à cette question. C’est de cette sagesse que parle Jacques. Et la fermeté qu’il mentionne, car ce serait une traduction plus précise du mot grec rendu dans la traduction synodale par « patience », joue un rôle considérable dans son acquisition. L’axe spirituel sur lequel repose toute la vie de l’homme, intérieure et extérieure, ne peut être solide que lorsque les événements extérieurs ne l’érodent pas et ne le détruisent pas. Quant à savoir comment le rendre tel, Jacques conseille de le demander à Dieu. On le comprend : c’est Dieu qui rend l’homme juste en lui ouvrant la route du Royaume.
