RÉFLEXIONS pour Jb 7:1-21
Bien qu’il n’ait trouvé aucun soutien auprès d’Éliphaz, Job poursuit néanmoins son discours. Il s’adresse à Dieu avec les questions auxquelles ses amis n’ont pas su répondre. Il dit : ma vie est semblable aux jours d’un mercenaire ; j’attends la fin de ma vie comme le mercenaire attend la fin du temps de travail qui lui est assigné (v. 1–3). Dans ma vie, il n’y a ni paix, ni joie, ni repos (v. 4–6). Devant moi se trouve le Shéol, le monde des ombres, où l’on s’en va sans retour, et je disparaîtrai comme un nuage ; pourquoi donc me taire (v. 7–11) ? Job comprend qu’il n’a rien à perdre et veut obtenir au moins une chose : du sens. Il veut comprendre pourquoi et pour quelle raison ce qui lui est arrivé s’est produit. Il adresse à Dieu une demande inhabituelle pour un croyant : laisse-moi tranquille, éloigne-Toi de moi, laisse-moi respirer librement (v. 16–19).
Dans ce cas, cependant, une telle demande ne surprend pas, car tout ce qui lui arrive, tous ses malheurs et toutes ses infortunes, Job les associe précisément à Dieu, à la proximité de Dieu et à Son intervention dans sa vie (v. 12–15). Si la proximité de Dieu entraîne de tels malheurs et de telles infortunes, ne vaudrait-il pas mieux se tenir loin de Lui ? Job comprend bien sûr que tout ce qui lui arrive a un certain rapport avec sa vie et ses péchés. Il comprend que Dieu attend quelque chose de lui, qu’Il veut peut-être le rendre autre, meilleur qu’il ne l’était auparavant. Alors Éliphaz a raison : le jour viendra où les épreuves prendront fin et où la proximité de Dieu cessera d’être insupportable.
Mais Job vivra-t-il jusqu’à ce jour ? Les forces humaines ne sont pas infinies. Dieu rappelle à Job un examinateur sévère ou un juge implacable qui scrute attentivement l’accusé, lequel devient en fait la victime de Son jugement (v. 17–19). Ce regard, cette proximité sont insupportables à Job. Il ne nie pas son état de pécheur, mais il est déjà prêt à s’en accommoder si en être délivré exige de tels efforts. Après tout, le péché humain ne diminue en rien la grandeur de Dieu et ne souille pas Sa sainteté. S’il en est ainsi, pourquoi ne laisserait-Il pas tranquille celui à qui il reste peu de temps ? Pardonne-moi simplement, dit Job à Dieu, et laisse-moi mourir (v. 20–21). Job sent manifestement que Dieu attend de lui quelque chose dont il est absolument incapable et qu’Il ne le laissera pas avant d’avoir atteint Son but. Cette perspective l’effraie, car alors la présence de Dieu devient pour le juste non une joie, mais un tourment.
