RÉFLEXIONS pour Lc 2:26 — le 5 février 2021

RÉFLEXIONS pour Lc 2:26

Il existe dans le monde des hommes d’une seule pensée, d’un seul but, d’une seule idée. Et, si l’idée ou le but est digne, Dieu peut aller à la rencontre de tels hommes. Il en fut ainsi de Syméon. Il ne voulait qu’une seule chose : voir le Messie. De ses propres yeux. Vivre jusqu’au jour où le Messie viendrait. Et Dieu le lui avait promis.

Bien sûr, dans le peuple juif, sinon tous, du moins beaucoup attendaient alors le Messie. Mais ils L’attendaient de différentes manières. Chacun, sans doute, L’attendait d’une façon ou d’une autre. La question est seulement de savoir comment. Certains L’attendaient plus ou moins. En principe, ils n’auraient pas été contre Le voir et Le rencontrer, mais... précisément plus ou moins. En tout cas, l’attente du Messie n’était pas pour ces personnes l’affaire principale de leur vie. S’Il était venu de leur vivant, eh bien, elles auraient probablement été elles aussi au nombre de ceux qui L’accueillaient. Si leurs affaires le permettaient.

D’autres L’attendaient avec plus d’impatience, avec espérance. C’étaient habituellement des personnes profondément religieuses et religieusement actives ; pour elles, la venue du Messie signifiait l’aboutissement de leur propre vie religieuse, et elles ne doutaient évidemment pas qu’en ce jour elles seraient au premier rang de ceux qui L’accueilleraient. Elles étaient en outre convaincues que le Messie viendrait d’abord précisément pour elles. Il y en avait particulièrement beaucoup parmi les membres de la fraternité pharisienne, mais il y en avait aussi d’autres, qui n’avaient pas de rapport direct avec les pharisiens et L’attendaient avec la même espérance. Pour de telles personnes, le Messie et le Royaume étaient le sens et le centre de leur vie religieuse. Mais il existait manifestement encore une autre catégorie de personnes attendant la venue du Messie, sans doute très peu nombreuse.

Ces personnes attendaient le Messie parce qu’Il était non seulement le sens principal, mais le seul sens de leur vie. Ou, plus exactement, le Messie et le Royaume étaient proprement leur vie : elles n’en connaissaient pas d’autre. Sans doute seules de telles personnes pourraient-elles être appelées, au sens strict, des chrétiens avant le Christ : elles vivaient déjà de ce qui est dans l’éternité de Dieu, mais qui n’était pas encore entré dans notre monde déchu. Elles en vivaient bien sûr comme d’une attente et d’un pressentiment, mais elles en vivaient.

Et, bien entendu, chacune de ces personnes aurait été heureuse de voir le Messie de ses propres yeux. Pour elles, ce n’était pas l’aboutissement de leur propre vie, mais sa source, la vie même qui leur était ouverte dans sa plénitude. Certes, cela ne fut pas donné à chacune : beaucoup durent toucher la mort, le shéol, le monde des ombres, sur le chemin vers la plénitude de cette vie qu’elles pressentaient. Syméon fut plus heureux : il vit le Messie non depuis le shéol, où il n’avait pas encore eu le temps de descendre, mais depuis le monde des vivants. Et désormais même le shéol ne lui faisait plus peur, car le temps était déjà fini pour lui. L’éternité du Royaume avait commencé, et avec elle la plénitude des temps.