RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Gn 19:1-38

Le récit de la visite des anges à Sodome devient une parabole, une parabole sur Lot à Sodome, mais aussi une parabole sur Sodome elle-même. Auparavant déjà, au cours de l'entretien des anges avec Abraham, il avait été question du nombre de justes nécessaires pour sauver la ville. La conversation s'était arrêtée lorsque le nombre avait atteint dix. Pourquoi ? Selon les règles religieuses du judaïsme, dix personnes constituent le minimum nécessaire pour former une communauté. Dix hommes juifs adultes, ayant accompli leur bar-mitsva et réunis ensemble, constituent une communauté à part entière, capable d'accomplir tout rite religieux, à l'exception, bien sûr, de ceux qui exigent la participation d'un prêtre lévitique. À l'époque où fut rédigé le livre de la Genèse tel que nous le connaissons aujourd'hui, cette règle existait déjà.

L'auteur du Pentateuque nous dit ainsi qu'un seul juste, ni même quelques justes, ne suffisent à sauver une ville. Il faut une communauté capable d'agir dans cette ville comme un seul tout spirituel. Alors il est possible que, par égard pour Sa communauté, Dieu préserve aussi la ville elle-même et ne la laisse pas périr. Or, à Sodome, il ne s'est précisément trouvé aucune communauté. Il n'y avait que Lot et sa famille, mais une seule famille ne suffit pas à renverser la situation. Lot n'a probablement pas compris tout de suite qui il avait accueilli chez lui, mais dès le début il s'est conduit en homme juste, prêt à défendre ses hôtes devant Dieu et devant les hommes jusqu'au bout, par tous les moyens à sa disposition.

Il ne s'est trouvé aucun autre juste dans la ville. Dans une telle situation, il était plus simple de faire sortir Lot et sa famille de la ville, en leur donnant à tous la possibilité d'être sauvés. Il y avait toutefois une condition : partir immédiatement, s'éloigner rapidement et sans se retourner. Non pas parce que Dieu n'aurait pas pu attendre une heure de plus, mais parce que lorsqu'une ville périt de son propre péché, il faut partir aussitôt, sans même chercher à emporter quoi que ce soit intérieurement ; autrement, on risque d'emporter avec soi ce que l'on fuit.

La situation est dure, mais cela n'a rien d'étonnant : dès le début, Lot est allé à Sodome non pas à la suite de Dieu, mais à la recherche d'une vie confortable. Certes, il avait conservé les habitudes d'une vie juste, mais c'est précisément pour cela qu'il a dû se séparer rapidement et de manière inattendue de la vie confortable qu'il avait lui-même choisie. En revanche, cette séparation rapide et inattendue l'a sauvé de la mort dans la ville condamnée. Tel était le choix que Lot devait faire, et faire rapidement. Lot a fait son choix et il est resté en vie.