RÉFLEXIONS pour Mt 2:1-12
Nous vous proposons aujourd'hui un texte écrit environ quarante ans avant la Nativité du Christ. Depuis l'époque de l'Église primitive, les tout premiers Pères considéraient ce texte comme une étonnante prophétie venue du monde païen sur la venue du Christ. Étonnante, en effet... On peut discuter longtemps pour savoir si Virgile connaissait les prophètes bibliques ; peut-être les connaissait-il, car il appartenait à un milieu très cultivé. Mais cela ne diminue en rien la force de la prophétie. Beaucoup connaissaient avec certitude les prophéties, et pourtant n'ont pas reconnu la Venue elle-même : il ne suffit pas de savoir, il faut encore accueillir. D'autre part, on entend la critique selon laquelle il s'agirait justement d'une preuve de la « non-unicité » de notre foi, de son caractère païen, et de là il n'y a que deux pas jusqu'à la propagande marxiste. Mais rien n'empêche un cœur aimant de se réjouir.
Élevons maintenant notre chant, Muses siciliennes,
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Voici que renaît le grand ordre des siècles :
La Vierge revient dans le monde, le règne de Saturne approche ;
Une génération nouvelle descend du haut des cieux.
Toi, chaste Lucine, souris à l'enfant qui vient de naître et qui mettra fin à l'âge de fer,
Et annoncera au monde entier la venue de l'âge d'or :
Ton Apollon règne déjà.
Sous ton consulat, Pollion, ce temps est arrivé,
Et l'ère des mois glorieux commence ainsi sa marche.
Que sous toi disparaissent sans trace tous nos crimes,
Délivrant pour toujours la terre d'une peur sans fin.
Recevant la vie des immortels, il sera digne de contempler
Les assemblées des dieux et des héros, lui-même regardé par eux.
Il gouvernera le monde pacifié par la main de son père.
Pour toi, enfant, la terre sans culture répandra ses présents :
Le lierre s'étendra et les violettes jailliront partout,
Tandis que le trèfle se mêlera à la feuille joyeuse de l'acanthe.
Les chèvres rapporteront au bercail leurs mamelles gonflées de lait,
Et elles ne connaîtront plus la crainte des lions ;
Ton berceau lui-même deviendra une charmante corbeille de fleurs.
Le serpent périra, et l'herbe perfide et vénéneuse périra,
Et partout germera l'épice parfumée d'Assyrie.
Mais dès que tu pourras lire la gloire des héros
Et les exploits de ton père, et apprendre ce qu'est la vertu,
Les champs jauniront peu à peu, en leur saison, de blé tendre,
La vigne rougira de grappes en courbant la ronce vers la terre,
Et le chêne inflexible suera un miel de rosée.
Pourtant, les traces de nos anciennes erreurs demeureront parmi nous.
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Ô très grand, le temps approche où tu nous visiteras,
Précieux rejeton des dieux, glorieux descendant de Jupiter !
Vois comme le monde incline sa voûte devant toi,
Avec la terre ferme, l'étendue des mers et les profondeurs du ciel.
Vois comme tout est rempli de joie dans le siècle qui vient !
Puissé-je seulement prolonger les dernières années de ma vie,
Et que mon souffle suffise à exalter tes œuvres !
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Commence donc, petit enfant, à reconnaître ta mère en souriant ;
Dix longs mois l'ont épuisée dans l'attente.
Commence donc, petit enfant...
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(Virgile, Bucoliques, quatrième églogue)
