RÉFLEXIONS pour Nb 6:22-27
La Bible contient souvent des bénédictions traditionnelles que les prêtres lévites employaient pour bénir le peuple. Beaucoup, bien sûr, considéraient déjà dans l'Antiquité ces bénédictions comme un simple rite traditionnel. Pourtant, les paroles des anciennes bénédictions recèlent un sens profond. Que représentait une bénédiction pour les hommes de cette époque ?
Quand cette pratique est-elle apparue ? Ses racines plongent sans aucun doute dans une très lointaine Antiquité, antérieure à la Bible. En ces temps-là, on entendait par bénédiction le don d'une force, qu'il s'agisse de celle qu'un homme recevait d'un dieu païen ou d'un esprit, ou de celle qu'il recevait d'un autre homme. La malédiction, au contraire, signifiait priver l'homme de sa force et donc de la vie elle-même : il ne s'agissait pas seulement de force physique, mais aussi de cette énergie surnaturelle de vie qui, selon les conceptions de l'époque, pénétrait l'univers et donnait de la vigueur à tout ce qui vit, de la plante à l'être humain.
Pour ceux qui croyaient au Dieu d'Abraham, la source de cette force était, bien sûr, le Dieu d'Abraham Lui-même. Il pouvait donner de la force à l'homme ou la lui retirer. Comment cela se produisait-il ? À en juger par les bénédictions que nous trouvons dans le Livre des Nombres, Dieu bénissait l'homme lorsqu'Il le rencontrait face à face. Ce n'est pas un hasard si ces bénédictions mentionnent la face rayonnante de Dieu. C'est seulement ainsi que Dieu peut préserver l'homme des dangers. Faut-il donc conclure que, si un homme n'a pas rencontré Dieu face à face, l'autorité de Dieu ne s'étend pas sur lui ?
Elle s'étend sur lui, bien sûr. Mais elle s'exerce différemment selon les personnes. La puissance de Dieu pénètre réellement tout l'univers ; Son souffle est présent dans le monde sans se confondre avec la nature, tout en agissant sur elle. C'est précisément le souffle de Dieu que les païens connaissent comme cette force de vie qu'ils vénèrent depuis les temps anciens. Mais pour eux elle restait impersonnelle : ils ne discernaient pas derrière elle le Dieu vivant et personnel. Aussi la force avec laquelle ils entraient en contact ne les transformait-elle en rien ; leur nature humaine demeurait inchangée.
Seule une rencontre face à face avec Dieu peut transformer l'homme. Une telle rencontre manifeste non seulement la puissance de Dieu, mais aussi Sa volonté et, surtout, Son amour, sans lequel tout le reste demeure stérile. C'est pourquoi les bénédictions mentionnées dans le Livre des Nombres placent précisément au centre la rencontre avec Dieu face à face. La bénédiction biblique est une rencontre moins avec la puissance de Dieu qu'avec Son amour. Car, en Dieu, c'est l'amour qui engendre la puissance, et non la puissance qui engendre l'amour.
