RÉFLEXIONS pour Dn 6:20
Comme on voit, les actions des gens qui se trouvent au pouvoir, ne leur apportent toujours pas la joie. La question du roi perse à Daniel est à cet égard indicative: il n'est clairement pas content de ce qui lui est arrivé de faire. Bien sûr d'une part, l'acte du roi pourrait être considéré comme modèle pour la personne qui se trouve au pouvoir. Le roi a lui-même signé la loi interdisant l'adoration de qui que ce soit, excepté le roi, et l'exécutait maintenant rigoureusement, bien qu’il ait eu préféré faire une exception pour Daniel, avec qui il avait une relation spéciale.
Une succession si rigoureuse dans l'observation de la loi, sans acception de personnalités et des partialités personnelles, mérite en l'homme d'État une approbation absolue, c'est pourquoi, probablement, même Dieu ne condamne pas le roi, voyant que ce qui se passe ne le réjouit pas du tout, qu'il préférerait libérer Daniel de la punition, si c'était en son pouvoir, et qu'il espère tout de même, en effet au miracle, qui sauvera celui dont il n’a lui-même pas le pouvoir de sauver, même étant un roi. Mais, d'autre part, la situation, dans laquelle se trouvait le roi, explique au mieux, pourquoi le Royaume, s'il est véritable, ne peut être «de ce monde».
Il est clair ici que le problème n’est même pas si est bon ou mauvais tel ou autre dirigeant concret. Le problème est que la logique, par laquelle est obligé d’être guidé tout pouvoir terrestre, le mécanisme même de son fonctionnement est construit d'après les lois du monde non transformé. Et si l’homme, tout comme toute créature de Dieu, peut se transformer, peut qualitativement changer sa nature pour qu'elle devienne utile pour la vie d'après les lois du Royaume, les mécanismes de l’État ne peuvent pas se transformer, la tentative de la transformer ne peut qu’amener à sa destruction. Et aucun homme ici ne peut rien changer: s'il veut que les machines d’État fonctionnent, il lui faudra les permettre à fonctionner d'après les lois du monde non transformé.
Comme on voit, si un certain peuple, une certaine société veut donner dans sa vie une place pour le Royaume, un tel peuple ou une telle société doit limiter le fonctionnement des machines d’État autant que c'est possible sans préjudice pour la réalisation des fonctions d'État minimalement nécessaires. Et, bien sûr, il n’arrive pas d’espérer que telle sorte de structures peut apporter ne serait-ce qu’un tout petit profit dans les affaires de l'Église, dont la mission est d’apporter le Royaume au monde. Ce même Royaume, qui n’est incompatible par définition à aucun pouvoir terrestre.
