RÉFLEXIONS pour Lc 7:36-50
À première vue, la situation peut sembler douteuse : serait-il vraiment suffisant, pour mériter le pardon, de « manifester de l’amour » au Christ ou, comme nous le dirions aujourd’hui, de « Lui faire plaisir » ? Cela se comprendrait dans le cas d’un supérieur au travail ou d’un fonctionnaire dans une administration, mais le Christ — exigerait-Il Lui aussi une « avance » en échange de Son pardon ? La parabole des deux débiteurs peut toutefois éclairer cette question : l’amour n’est pas le paiement du pardon, l’amour est la manifestation naturelle de la gratitude. Jésus compare les marques d’amour du pharisien, un homme pieux et respecté, et celles de la « pécheresse », probablement une femme de mauvaise réputation, non pour lui reprocher son insensibilité. Il illustre simplement Ses paroles : « celui à qui on pardonne peu aime peu ». Le geste inhabituel de la femme signifie alors qu’elle n’est déjà plus pécheresse : son amour témoigne qu’elle a déjà été pardonnée. Cela nous permet de lire autrement, comme dans la plupart des traductions modernes, les paroles de Jésus à son sujet : « Ses nombreux péchés sont pardonnés, comme le montre la force de son amour. » Et chez nous, cela se voit-il ?
