RÉFLEXIONS pour Ep 4:30 — le 13 juillet 2020

RÉFLEXIONS pour Ep 4:30

Parlant du péché, Paul appelle les destinataires de son épître à ne pas attrister, selon le texte grec, le souffle de Dieu, « l’Esprit Saint de Dieu », dont ils ont reçu le sceau au jour de leur baptême, que l’apôtre appelle le « jour de la rédemption ». Ces paroles sont souvent comprises de manière allégorique, comme si tout péché commis par un chrétien attristait Dieu à peu près de la même façon qu’il attristerait un homme qui s’efforce de se conformer à certaines normes morales et religieuses. On suppose alors que Dieu attend Lui aussi de l’homme une telle conformité et, ne la voyant pas, s’afflige.

Mais c’est tout de même une image beaucoup trop humaine, créée selon une mesure humaine et une évaluation humaine de ce qui se passe. Bien sûr, les péchés humains ne réjouissent pas Dieu. Mais la question n’est pas ici la morale en tant que telle. Dieu n’attend pas de l’homme déchu la perfection : Il sait mieux que quiconque à qui Il a affaire. Ce qui importe est autre chose. Dieu a envoyé Son Fils dans le monde afin qu’Il apporte le Royaume au monde et le rende accessible à quiconque le cherche. Le Royaume est pénétré du souffle de Dieu, auquel peut participer par le Christ quiconque Lui fait confiance.

Celui qui Lui fait ainsi confiance pourra réellement vivre avec le Christ d’une seule et même vie, la vie de Son Royaume. Mais le péché ne peut avoir de place dans cette vie. Le souffle du Royaume n’enveloppe pas seulement l’homme qui participe à sa vie. Il entre aussi à l’intérieur de l’homme, dans la profondeur de son cœur. Le cœur du chrétien devient cette porte par laquelle le souffle du Royaume entre dans le monde, le transfigurant. Le monde et l’homme sont transfigurés par le même souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré. Et le péché gêne ce processus, il le freine.

Le péché qui se niche dans le cœur empêche le souffle de Dieu, le souffle du Royaume, de demeurer dans l’homme. Il gêne aussi la sanctification du monde. Pour parler en image, la capacité du cœur humain empoisonné par le péché à laisser passer à travers lui le souffle de Dieu diminue de la même manière que diminue la capacité d’une conduite d’eau à laisser passer le flux d’une eau pure lorsque la conduite est obstruée par des déchets.

Le souffle de Dieu accablé de tristesse est une très belle image pour décrire cette réalité. Tout péché diminue la mesure de la plénitude du souffle de Dieu demeurant dans le cœur du chrétien. Il diminue donc aussi la mesure de l’action sanctifiante d’un tel cœur sur le monde. Et, en fin de compte, il repousse le jour du triomphe complet et définitif du Royaume et du retour du Christ dans la gloire. Donc aussi le jour du salut du pécheur lui-même.