RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 2Co 4:16

Regardant l'histoire de l'humanité, on n'a rien inventé jusqu'ici qui sortirait du cadre de l'alternative du progressisme ou du catastrophisme. De même aussi en regardant l’homme nous sommes devant le choix entre la philanthropie et la misanthropie. Il est facile de se persuader que le regard sur l'histoire est corrélé naturellement avec le regard sur l’homme: le misanthrope croira à peine au progrès conduisant à la prospérité et au bonheur général, et celui qui croit que l’homme est initialement bon, croira presque certainement et au fait que dans la vie de l'homme il n'y a pas de problèmes insolubles et le bonheur général est accessible, ne serait-ce qu’en principe.

Le regard biblique sur l'histoire est antinomique : d'une part, toute l'histoire de l'époque chrétienne n’est rien d'autre que l'histoire de la venue du Royaume, se révélant de plus en plus, dont la projection dans le monde non transformé est l'histoire de la justice chrétienne (ou comme on l'appelle d'habitude, la sainteté chrétienne); D'autre part, toute l'histoire du monde «chrétien» est l'histoire de ce mal, dans lequel, selon la parole de l'Évangile, se trouve le monde et qui se manifeste dans l'histoire «chrétienne». Est aussi antinomique le regard de la Bible sur l’homme: d'une part, dans toutes les époques a été ouverte à l’homme la voie de la justice, et Dieu a donné à Son peuple la Torah, comme guide sur cette voie; d'une autre part, comme dit Dieu à travers l'auteur du Prologue du Livre de Genèse «toutes les intentions du coeur humain sont mauvaises dès son enfance», et on ne peut rien faire de cela avant la transfiguration complète de la nature humaine.

Ainsi il se trouve que la venue du Royaume ni dans la vie d’un homme, ni dans l'histoire de l'humanité ne rappelle pas du tout ce progrès, dont rêvaient tant les philanthropes de tous les temps et tous les peuples, étant sûrs que les perfectionnements graduels de la technique, comme des moeurs amèneront finalement l'humanité à l'âge d'or. Au contraire, la venue du Royaume suppose la polarisation des forces s’opposant les unes contre les autres, les forces du Royaume et les forces de ce mal, dans lequel est le monde.

Dans l'histoire de l'humanité, comme dans la vie d’un individu. Et plus un tel individu s'enracine dans la vie du Royaume, plus considérablement se manifeste dans sa vie (intérieure, comme extérieure) ce mal, qui est lié à sa nature déchue. Comme dans l'humanité au cours de l'histoire mondiale, il n'apparaît pas bien sûr de nouveau de nulle part et n'augmente même pas en quantité, il devient simplement plus visible, tout comme devient aussi plus visible son opposition.

Mais plus cette opposition est repoussée vers «l’extérieur», sur la périphérie de la vie, plus celui qui cherche le Royaume s'enracine dans sa vie. Et alors la périphérie reste moins, elle disparaît graduellement, et l’intérieur, ce dans quoi se manifeste la vie du Royaume est plus. Voici seulement ce processus ne peut pas s'achever dans le monde non transformé et frappé par le mauvais. Il s'achève dans le Royaume, et celui qui ne voit pas le Royaume, ne voit pas aussi son achèvement. Achèvement coïncidant avec le triomphe du Royaume et la transfiguration complète de la création.